Préparez-vous à pénétrer pour votre plus grand plaisir ou à vos risques et péril au cœur de l’horreur grâce à l’exposition Enfers et fantômes d’Asie

Angoissant. Captivant. Dépaysant. Voici les termes qui caractérisent le mieux cette petite merveille. Cette exposition s’adresse aux accros aux films d’horreur et aux histoires effrayantes ainsi qu’aux passionnés de mythes et légendes urbaines d’Asie.

Le Musée du Quai Branly vous propose jusqu’au 15 juillet, une plongée dans l’horreur et l’épouvante avec Enfers et fantômes d’Asie. Ames sensibles s’abstenir.  Fan inconditionnelle de films d’horreur plus particulièrement des films asiatiques. Dont entre autres pour la Corée, absente ici de l’exposition (Deux sœurs de Jee-Woon Kim…, Into The Mirror de Sung-Ho Kim…), pour la Thaïlande (The Eye des Frères Pang…) pour le Japon (Kwaidan de Hideo Nakata, Kairo de Kioshi Kurosawa…) et des histoires d’épouvantes ou fantastiques à l’origine de certaines de ces œuvres. Je ne pouvais pas me permettre de rater l’exposition Enfers et fantômes d’Asie.

Préparez-vous à pénétrer pour votre plus grand plaisir au cœur des ténèbres et à y croiser les créatures qui les hantent. L’exposition Enfers et fantômes d’Asie proposée par le Musée du Quai Branly, vous plonge dans le monde des esprits, des créatures fantastiques et de l’épouvante. Cette exposition se lit comme un recueil d’histoires de fantômes d’Asie Orientale et du Sud du 16éme siècle à nos jours suivant une approche thématique et géographique qui mêlent les époques.

Enfers et fantômes d’Asie vous fait basculer dans un autre univers rempli d’histoires de revenants, d’horreur, d’épouvantes, d’esprits errants de la forêt, de revenants affamés, de Yokai. Pour ce dernier il s’agit de l’esprit d’un défunt condamné à errer après sa mort, violente le plus souvent envahit de rancœur et de regret. Il revient se venger.

Ces histoires hantent l’imaginaire asiatique depuis des siècles et ont de nos jours contaminées le monde entier via: la littérature, les jeux vidéo, le cinéma, la peinture, le théâtre. Vous trouverez entre autres de splendides masques du théâtre No. Le bouddhisme tient une place importante dans Enfers et fantômes d’Asie, il a contribué à la construction de cet imaginaire. Préparez-vous à trembler d’horreur et de joie en pénétrant au cœur des enfers. Vous ferez connaissance avec des créatures provenant de Chine, Thaïlande ou Japon.

Le ton est donné dès le début d’Enfers et fantômes d’Asie, sur un fond noir le titre de l’exposition accompagnée d’une introduction sont écrits en blanc de la fumée semble en émaner rappelant la mutation du réalisme introduisant le surnaturel, un basculement dans certains films d’épouvante. On entre ensuite dans le vif du sujet avec la vision des enfers et de leurs juges. Vous apercevrez des extraits de films illustrant ce sujet, parfois légèrement kitch, mais surtout captivants. Pour renforcer cette impression de descente aux enfers le Musée du Quai Branly emploi parfois un éclairage rouge.

Une autre section se consacre à l’art bouddhiste, vous y trouverez ainsi entre autres petites merveilles: des rouleaux japonais sur les «fantômes affamés». Que vous pourrez observer ici en train de défiler devant vos yeux accompagnés d’un encart explicatif et d’un commentaire en voix-off. Il s’agit de l’une des plus anciennes images de revenant connu à ce jour. Parmi ces créatures de cauchemar qui hantent l’exposition Enfers et fantômes d’Asie au Musée du Quai Branly, vous rencontrerez Les Vampires sauteurs originaires de Chine. Ils sont vêtus d’un costume de mandarin, mais méfiez-vous des apparences.  Ils sont appelés Vampires sauteurs, car il était d’usage en Chine d’attacher les chevilles des morts pour éviter qu’ils reviennent.

Ces êtres sont illustrés par de superbes ou angoissantes sculptures selon les points de vue: 3 vampires des plus menaçants à la peau grisâtres, bouches grandes ouvertes sur des crocs acérés, yeux vitreux, bras tendus. En résumé un charmant comité d’accueil prêt à vous sauter dessus. Je dois avouer qu’ils font partie de mes chouchous dans cette exposition tant leurs expressions sont frappantes. Vous trouverez dans une vitrine à côté d’eux le nécessaire utilisé par les prêtres taoïstes pour les exorcismes.

Vous aurez le plaisir au cours de vos déambulations au cœur d’Enfers et fantômes d’Asie de rencontrer un autre de mes personnages favoris: Oiwa. Il s’agit du fantôme d’une femme défigurée et bafouée qui cherche à se venger. Elle est facilement reconnaissable avec sa longue chevelure noire, mais surtout par son œil gauche difforme dû au poison que son mari lui a administré. Sadako Immamura de The Ring est, si l’on peut dire, une de ses descendantes avec sa longue chevelure noire masquant son visage où seul un œil difforme apparaît. Oiwa est une femme traîtreusement défigurée par l’entremise d’un poison, car son époux voulait se remarier à une femme de la haute société, jeune et séduisante. Elle se vengera en rendant son mari fou, il finira par tuer sa nouvelle femme. Une section de l’exposition Enfers et fantômes d’Asie est consacrée à ce personnage. A l’origine la femme fantôme avait les cheveux dépeignés, elle était vêtue d’un linceul et n’avait pas de pieds voire de jambes tout au moins apparentes.

Tout au long de ce voyage au cœur de l’horreur de multiples médias sont employés. Dans la section consacrée à Oiwa vous trouverez des peintures, des estampes, des documentaires, des extraits de film dont l’un semble limite être en 3D. Les objets au premier plan semblent en relief, on voit l’apparition de cette femme se rapprocher menaçante. J’ai ainsi découvert grâce à cette partie de l’exposition d’Enfers et fantômes d’Asie que cette histoire de trahison et de vengeance qui vous semblera peut-être familière est à l’origine d’un de mes films préférés Kwaidan d’Hideo Nakata. Kaidan peut se traduire du japonais par «histoire fantastique». . Le film est fidèle à la légende d’origine d’Oiwa.

Revenons à l’exposition en elle-même. Restez vigilant les esprits vengeurs sont partout, ainsi un mur noir qui semble vide au premier abord, le temps d’un instant et vous verrez apparaître du coin de l’œil une main, un visage ensanglanté, puis une femme apparaître en entier. Elle semble des plus inquiétantes. Préparez-vous à sursauter et à rester sur vos gardes durant l’exposition Enfers et fantômes d’Asie qui recèle pour notre plus grand bonheur mille et unes surprises glaçantes.

Les mises en scènes développées par le Musée du Quai Branly sont extraordinaires et vous feront frissonner de plaisir. On pénètre au cœur des enfers et du sujet en passant à travers la splendide porte des enfers. Une fois le seuil franchit vous le pourrez plus faire machine arrière.

Vous entrez dans la bouche d’un démon ou autre être de cauchemar aux crocs et au visage démesuré. De part et d’autre vous trouverez des bras tendus, suppliants. On serait tenté d’y voir ceux des âmes damnées condamnées aux supplices. Ils semblent sortir d’une coulée de lave, de soufre qui entoure la porte.

Une fois le seuil passé vous pénétrez en plein cœur des enfers, plus particulièrement une reproduction des enfers des temples thaïlandais voire des Jardins des enfers. Un film est projeté sur plusieurs écrans formant presque un arc de cercle, la lumière est tamisée, le son du film vous englobe guttural, roque angoissant. Une présentation des plus gores et des plus frappantes reprend les Arbres d’épines présents dans le film. Il s’agit du châtiment réservé aux adultères, ceux qui y sont condamnés grimpent sans relâche le long de ces arbres et sont perpétuellement transpercés par d’énormes épines sous les attaques de démons, corbeaux et chiens.

Le Musée du quai Branly instaure pour votre plus grand plaisir avec Enfers et fantômes d’Asie une atmosphère parfois des plus inquiétantes. Il vous faudra rester sur vos gardes tout au long de votre visite et vous méfier de ce que vous voyez ou au contraire ne voyez pas. Vous serez éblouie par la diversité des médias employés et les mises en scène des plus abouties qui sauront vous faire trembler d’effroi ou de plaisir. Affiches de films, sculptures grandeurs nature ou autres des plus réalistes, jeux sur les lumières, bruitages, cris, estampes d’Hokusai, hologrammes, manuscrit, extraits de films, figurines, des boites de jeux, des cartes, des mangas entre autres qui transportent ces êtres de cauchemar dans le monde contemporain.

Vous aurez le plaisir de découvrir avec Enfers et fantômes d’Asie des décors parfaitement recréés dont; des portes en tissus styles paravents, types de pièces ou de salon que l’on peut voir dans les représentations des maisons traditionnelles japonaises dans certains films.  Vous pourrez y voir une courte scène où l’on observe une silhouette de femme en tenue traditionnelle en ombre portée ou ombres chinoises. Elle nous apparaît de profil peu à peu sa gestuelle reprend celle d’un chat qui s’étire ou qui sort ses griffes: la femme tend ses bras, pattes. Puis d’un mouvement de tête son chignon disparait et est remplacé par des oreilles de chat. D’un coup elle se tourne vers nous en faisant les mêmes mouvements, puis la femme se colle contre la porte. L’ombre se dissout à hauteur de son regard, nous voyons distinctement ses yeux braqués sur nous menaçants.

En vous aventurant plus en avant dans Enfers et fantômes d’Asie, vous serez amené à découvrir pour votre plus grand bonheur tout un tas de créatures et d’univers inquiétants: fantômes errants en quête de vengeance. Une section de l’exposition leur est consacrée, la plupart ont comme base des histoires fantastiques (Kaidan) provenant de la littérature puis illustrées par des estampes, adaptées au cinéma et au théâtre. De nos jours, ils envahissent tous nos écrans.

Pour ma part, je pense qu’il manque une grande absente: Kushisake Onna (La femme à la bouche fendue). Il s’agit de nouveau d’une figure de femme défigurée qui cherche à se venger. Mais le folklore et les légendes étant des plus riches. Un choix a dû être fait pour sélectionner les Enfers et fantômes d’Asie.

La J.Horror fait entrer les spectres dans le monde contemporain. Les revenants sont partout et hantent désormais: les écoles, les postes de télévision, les immeubles abandonnés. On peut citer entre autres comme réalisateurs cultes de la J Horror : Hideo Nakata (The Ring, Kwaidan, Dark Water…), Kuoshi Kurosawa (Kaïro, Loft, Cure…), Takashi Shimizu ( Marebito, The Grudge…). Une partie d’Enfers et fantômes d’Asie est consacré à ce phénomène culte. Vous pourrez y voir des extraits de films, des pochettes de DVD et une pièce si on peut dire ouverte sur les deux côtés avec des rideaux ou lamelles de plastiques qui permettent l’accès. Sur les quatre côtés de cette salle sont projetées les mêmes images angoissantes, sorte de performance, d’une femme de style Sadako Imamura ou Tomie. Elles semblent vous encercler ou tout au moins se diriger vers vous de façon menaçante. Vous êtes placé au cœur de l’action. Aurez-vous le courage d’y pénétrer ?

Dans une section consacrée à la Thaïlande, vous ferez connaissance avec l’un de leur plus célèbre fantôme Nang Nak. Une grande vitrine lui est dédiée contenant des affiches de films, mannequin, sculpture…Nak meurt en couches après le départ de son mari à la guerre. De retour chez lui, il retrouve son épouse et son enfant mais ignore que ce sont des fantômes. Pour se reposer un instant durant votre visite d’Enfers et fantômes d’Asie, profitez d’une pause cinéma pour voir des extraits de films d’horreur thaïlandais des plus gores. Ils donnent vie à certaines des créatures des ténèbres rencontrées dans cette section. Prenez place sur un banc du Thai Horror Picture Show, le titre de cette partie n’est pas sans rappeler The Rocky Horror Picture Show, et profitez du spectacle.

L’exposition Enfers et fantômes d’Asie propose une partie à l’écart qui s’adresse à votre côté geek: elle est consacrée aux jeux vidéo.  Vous y serez surtout invité à y jouer à des jeux en rapport avec la thématique de l’expo: Pac Man, Sleeping dog Nightmare, Ju-on

En continuant votre chemin au cœur des Enfers et fantômes d’Asie vous trouverez une partie dédiée aux moyens d’expulser et de se protéger des esprits. Les exorcistes taoïstes employaient entre autres pour contrer les esprits malveillants n’ayant pas reçu de sépulture: des talismans, des objets magiques, des charmes en papier, des miroirs… Vous apprendrez aussi grâce à l’exposition Enfers et fantômes d’Asie du Musée du Quai Branly, les techniques employées pour la protection des lieux: certaines danses, processions masquées  ont une fonction rituelle de protection.

Vous apercevrez une section consacrée au culte des esprits en Thaïlande avec quelques exemples d’amulettes Thaï: cachets bouddhiques, effigies d’animaux mythiques, poupées, couteaux magiques, tissus de protection. Pour ce dernier, il est d’usage de le suspendre au-dessus de la personne à protéger. Ce tissu est censé chasser les esprits malveillants. Plus surprenant mais toujours pour le même usage, vous trouverez entre autres, une vitrine remplie de petites figurines, qui peuvent sembler pour certains peut être un peu macabre. Il s’agit d’amulette en formes de fœtus, leurs détails sont époustouflants. Elles renferment un ange gardien, pour que le charme fonctionne, il doit être adopté par son propriétaire.

Nommés Bébés d’or (Kumanthong) l’origine de ses amulettes est évoquée dans un poème de Sunthon Pho qui décrit la façon dont un guerrier a utilisé l’embryon de son fils comme charmes d’invincibilité. Ces Bébés d’or ainsi que les autres amulettes du même type sont fait d’un amalgame de cendres et de matériaux secrets. Pour activer ces talismans, il convient de leur parler et de leur apporter une attention particulière. Les rites funéraires et le culte des ancêtres sont aussi abordés ainsi que le bouddhisme et la réincarnation.

L’exposition Enfers et fantômes d’Asie du Musée du Quai Branly est des plus riches et des plus complètes. Il faut plusieurs heures pour la faire et ne rien rater, l’idéal serait d’y passer une demi-journée ou de pouvoir y retourner. Une fois passé le seuil on est tellement captivé qu’on perd la notion du temps.

Vous passerez par la boutique aussi bien à l’entrée qu’à la sortie de l’expo. Elle contient pleins d’ouvrages intéressants sur les thématiques abordées dans Enfers et fantômes d’Asie. Pour ma part j’en ai vue plusieurs qui m’ont bien tenté.

Les courageux ou ceux qui en veulent toujours plus pourront profiter d’un Week-end d’Enfer le 23 et 24 juin. Les activités et l’accès au musée sont gratuits, il serait dommage de ne pas en profiter. Frisson garanti, aux programmes: Nuit du cinéma sur le toit du musée, lecture dans le noir, chasse aux fantômes en réalité augmentée, visite nocturne de l’exposition, conférences, boites de jeu… Une fois la porte passée, vous ne serez plus le ou la même, oubliez tout ce que vous connaissez et plongez dans l’inquiétante étrangeté. Pour vous remettre de vos émotions ou si vous crevez de faim dirigez-vous vers les Food Truks qui seront présents lors de cet évènement.

 

Affrontez vos peurs ou approfondissez vos connaissances en frissonnant de plaisir grâce à Enfers et fantômes d’Asie grâce au Musée du Quai Branly

 

Enfers et fantômes d’Asie au Musée du Quai Branly jusqu’au 15 juillet

Musée du Quai Branly – Jacques Chirac 37 quai Branly 75007 Paris.

 

Pour plus d’information :  http://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/enfers-et-fantomes-dasie-37727/


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