Culture

Débarquez si vous l’osez sur Innsmüt La Planète aux cauchemars une bande-dessinée adaptée de Lovecraft

La Planète aux cauchemars.Scénario de Mathieu Sapin, illustrations de Patrick Pion.
 Éditions Rue de Sèvres. Photo: Philippe Lim
La Planète aux cauchemars. Éditions Rue de Sèvres. Photo: Philippe Lim

A Newbury Port, une aérogare de navettes spatiales, une jeune femme souhaite aller à Arkham Beta une planète voisine sur laquelle vie une partie de sa famille. Devant le coût élevé des vols directs, elle décide de prendre la barge qui fait escale à Innsmüt.

Une planète autrefois prospère qui a maintenant mauvaise réputation. Les lieux semblent pour beaucoup abandonnés. Plus étranges les habitants souffrent d’étranges malformations leur donnant un aspect proche des batraciens. Ils pratiquent un culte païen : L’Ordre de Dagon.

Sa courte escale va se prolonger suite à un problème technique.

Elle va devoir passer la nuit à l’hôtel Gilman’s à la faveur de la nuit d’étranges choses ont lieu. Arrivera-t ‘elle a survivre à son séjour sur La Planète aux cauchemars ?

Effrayant. Captivant. Voici les termes qui caractérisent le mieux La Planète aux cauchemars proposé par les Éditions Rue de Sèvres. Cette bande-dessinée transpose dans un univers purement SF une histoire du maître de l’horreur et du fantastique H. P. Lovecraft. Les connaisseurs y reconnaîtront La trame du Cauchemar d’Innsmouth.

Nous devons La Planète aux cauchemars aux talents combinés de Mathieu Sapin qui signe le scénario d’après Lovecraft et de Patrick Pion qui donne corps au texte avec ses illustrations. Bonne nouvelle, vous ne resterez pas sur votre faim. Cette bande-dessinée proposée par les Éditions Rue de Sèvres restitue l’histoire complète.

La couverture de La Planète aux cauchemars de Mathieu Sapin et Patrick Pion donne le ton. La couleur dominante est le bleu donnant l’impression d’un lieu aquatique ou d’être dans un rêve voire plutôt un cauchemar. L’action se situe dans un lieu menaçant voire inquiétant avec ses stalactites et autres excroissances de pierre, mais surtout avec les tentacules qui tentent de saisir une femme lourdement armée. Les connaisseurs et fans de Lovecraft au regard de ces tentacules penseront tout de suite au mythique Cthulhu.

La Planète aux cauchemars proposée par les Éditions Rue de Sèvres, nous entraîne directement au cœur de l’action grâce aux illustrations de Patrick Pion. Nous y voyons une planète, un vaisseau stagne à ses côtés. Un sas s’ouvre laissant échapper un rayon de lumière ou plutôt un laser verdâtre qui frappe de plein fouet le cœur de la planète qui explose.

Cette bande-dessinée de Mathieu Sapin illustrée par Patrick Pion nous invite à faire un saut dans le temps via l’emploi d’un flashback. Nous nous retrouvons quelques mois plutôt à l’aérogare de Newbury port. Nous retrouvons la jeune femme de la couverture. Elle est accoudée à un guichet où elle veut acheter un billet pour Arkham. Ce mot ne renvoie pas à Batman comme certains pourraient le croire, mais à la ville fictive du Massachusetts crée par Lovecraft et liée au mythe de Cthulhu. L’échange entre l’employé et la jeune femme est restitué à merveille par les illustrations de Patrick Pion.

Comme dans Le Cauchemar d’Innsmouth la nouvelle de Lovecraft qui a inspiré cette BD proposée par les Éditions Rue de Sèvres, la jeune femme trouve le prix de la navette pour Arkham trop cher. L’employé lui propose une solution alternative « la barge » qui coûte le tiers du prix « mais les gens n’aiment pas trop la prendre, car elle fait escale à Innsmüt un coin qui n’a pas trop bonne réputation ». Cette ville renvoi à Innsmouth ville industrielle créée par Lovecraft. Elle est liée au mythe de Dagon et de Cthulhu.

Tout comme la ville originale, celle de la Planète aux cauchemars fut prospère avant de péricliter et d’avoir mauvaise réputation. Dans une des vignettes, nous découvrons un plan tenu par l’employé où l’on peut apercevoir schématisé trois planètes. Celle centrale est Innsmüt : le patelin plutôt étrange. La vignette suivante se concentre sur le visage sombre du vendeur quand il fait observer qu’il « n’’y a jamais personne à bord (de la barge) c’est à se demander comment il fait son beurre ».

Suis une vue d’ensemble de l’intérieur de l’aérogare de Newbury port. À travers les baies vitrées, nous observons des vaisseaux en train de décoller. L’employé poursuit son exposé peu flatteur sur Innsmüt, mais des plus fidèles à l’histoire originale de Lovecraft « Autrefois ça tournait pas mal, mais maintenant il y a toujours des maisons vides. Tout s’est détraqué depuis quelques cycles ». Quand l’employé parle de la raffinerie d’or, la curiosité de la femme commence à être éveillée.

L’homme continue son exposé sur Innsmüt et cette fois-ci aborde le sujet de March le propriétaire de cette raffinerie. De nouveau dans La Planète aux cauchemars, les dessins de Patrick Pion illustrent à merveille l’action. La vignette suivante se centre sur le visage de l’homme quand celui-ci confie « certains disaient qu’il avait fait un pacte avec le diable ».

La suite de ses propos semble riche de promesse et rappellera aux lecteurs avisés Le Cauchemar d ‘Innsmouth de Lovecraft « drôle de type d’ailleurs March toujours bouclé chez lui. Il parait qu’il a attrapé une maladie de peau due aux radiations ou une difformité qui l’empêche de se montrer ou un truc génétique ça venait d’une espèce étrangère (…) ceux qui ont du sang d’Innsmüt essayent toujours de le cacher », « Moi-même j’ai peur de ceux d’Innsmüt et je ne voudrais pas aller chez eux même si à ce que j’en ai vu les enfants et les petits enfants de March sont comme tout le monde ».

La Planète aux cauchemars dont on devine de plus en plus qu’il s’agit d’Innsmüt enchaîne sur un plan d’ensemble de l’aérogare de Newbury port. La femme se trouve devant le guichet et dit au plus grand étonnement du vendeur « Eh bien, je crois que vous m’avez convaincue. A quelle heure part la barge ? ». Une bulle contenant des onomatopées « !? » ponctuent l’étonnement de l’homme au guichet.

Il estomaqué que ses mises en garde soient restées vaines. On retrouve une figure habituellement propre aux contes : la mise en garde. Le vendeur lui recommande « n’y allez pas de nuit », « il y a un hôtel à Innsmüt la maison Gilman’s, mais il n’est pas fameux je ne le vous recommande pas ». Pour souligner ses propos, le vendeur donne l’exemple d’un homme qui a eu le malheur de passer une nuit y a deux ans de cela à l’hôtel Gilman’s. Il « a entendu venant d’autres chambres prétendument vides des voix qui lui ont donné la chair de poule », « dont une produisait un son tellement anormal qui rappelait un clapotement ». Un autre a fini à l’asile. L’hôtel Gilman’s est aussi présent dans le roman de Lovecraft, c’est le seul hôtel d’Innsmouth.

La Planète aux cauchemars proposée par les Éditions Rue de Sèvres se poursuit par une scène en extérieure. La jeune femme s’aventure au cœur de la ville étouffante où l’on voit en excès le développement de l’urbanisme, du modernisme. On peut y apercevoir de nombreux tuyaux et une présence importante de vapeur. L’image est sombre limite verdâtre et introduit la notion d’inquiétante étrangeté. Ce monde est multilingue, cosmopolite. On aperçoit des panneaux et indications écrites à la fois en anglais, français et japonais.

L’intérêt de la jeune femme semble avoir été éveillé par les propos de l’employé de l’aérogare. Elle se rend à la bibliothèque où elle se documente sur « Innsmüt et sa région ». La jeune femme se trouve face à un écran tactile, et est absorbée par sa lecture. Une vignette avec une flèche souligne un détail de la section consacrée au déclin de cette planète. On peut y voir une étrange tiare celle d ‘Innsmüt « conservée à la société historique de Newbury port ».

Cet horrible objet a attiré l’attention de la jeune femme, dont nous ignorons encore tout pour le moment. Ce choix de Mathieu Sapin qui a signé le scénario de La Planète aux cauchemars proposé par Les Éditions Rue de Sèvres tient le lecteur en haleine tout comme le mystère entourant Innsmüt. Pour tous les fans ou connaisseurs du roman de Lovecraft, cela ne peut qu’être synonyme d’horreurs, de cauchemars voire de ténèbres.

La jeune femme prend un taxi dont le mouvement est restitué à merveille par les vignettes. Curieuse et loquace, elle interroge le chauffeur de taxi « Je vais à Innsmüt demain, alors je me renseigne. Vous connaissez Innsmüt ». La vignette suivante nous montre en gros plan le visage du chauffeur qui à ses mots se ferme. Il lance un regard en coin à la jeune femme. Son attitude est en totale opposition avec le visage souriant de cette dernière.

Patrick Pion illustre d’une main de maître le scénario que Mathieu Sapin a réalisé pour La Planète aux cauchemars et donne corps à l’histoire. Nous retrouvons encore la notion d’inquiétante étrangeté dans cette ville encombrée où la lumière semble peiner à filtrer.

La jeune femme se dirige vers le musée dont la vitrine en triangle rappelle presque un hublot rappelant un sous-marin ou celle d’un sarcophage. Le musée est fermé, mais l’employé accepte de la faire rentrer quand la jeune femme fait référence à la tiare. Cette dernière est exposée dans une vitrine, elle semble étrangement entourée d’un halo vert.

Notre héroïne donne l’impression d’être hypnotisée, attirée par cette tiare des plus étrange qui semble l’appeler. Cela est parfaitement illustré par Patrick Pion dans la vignette suivante. Au premier plan, la tiare émet une lueur verdâtre, au second plan la femme les yeux fixes est baignée par cet halo. Elle tend sa main vers la tiare.

Le gardien est tapi dans l’ombre sa présence est inquiétante « étonnant n’est-ce pas ? Étrange comment cet objet semble familier ? » La jeune femme s’exclame « On dirait qu’il vient d’une autre galaxie ? ». Le gardien renchéri « c’est s’en doute le cas ». Puis, il explique d’où provient la tiare. Elle « a été mise en gage par un ivrogne d’Innsmüt », « je pense qu’elle fait partie d’un trésor exotique d’un pirate découvert par le vieux capitaine Obed March ». Il explique que la famille March a essayé à plusieurs reprises et cela sans succès de la racheter. La jeune femme est absorbée par la tiare, dos à nous, elle fait face à la vitrine.

De nouveau dans La Planète aux cauchemars proposée par les Éditions Rue de Sèvres, on peut voir une figure de mise en garde « Prenez garde si vous vous aventurez Là-bas. Une communauté qui glisse au plus bas niveau de l’échelle culturelle ne peut qu’inspirer le dégoût ? ». Ces propos tirent la jeune femme de sa transe dans un mouvement de recul elle dit « Euh bien je vais faire attention ».

Dans la scène suivante de cette bande-dessinée, nous pouvons voir les rares personnes présentes sur la piste d’atterrissage s’éloigner à l’arrivée de la barge. Ils donnent l’impression de s’enfuir. Ce qui étonne la jeune femme, l’image se concentre sur son visage ponctué de l’interrogation « qu’est-ce qu’ils ont tous ? ».

Les dessins de Patrick Pion restituent à merveille l’action avec un rendu des plus cinématographiques. La navette fait son entrée à grand renfort de fumée et de lumière. Une chose est sûre elle ne passe pas inaperçu. D’étranges personnes en sortent au vu de leurs aspects, on devine qu’il s’agit d’habitants d’Innsmüt.

La navette semble dans un état de délabrement des plus avancés, sur l’extérieur de la carlingue on peut noter des traces de rouille. Interloquée, la jeune femme interroge le pilote sur la destination. Il partage les caractéristiques physiques des étranges êtres d’Innsmüt. Ce dernier reste mutique. L’intérieur du vaisseau est tout aussi délabré tout semble : vieux, esquintés, usée. Le plan suivant nous montre la barge en train de décoller à grand renfort de bruitage, de fumée. Elle s’envole vers l’ouverture de la piste de décollage. La Planète aux cauchemars, nous amène à quitter cette planète moderne, nous avançons dans l’obscurité de l’espace. La barge prend de la vitesse et s’élance à vive allure dans l’immensité de l’espace. Cela est restitué à merveille par le travail de l’illustrateur Patrick Pion.

La jeune femme durant ce trajet est nerveuse. L’intérieur du vaisseau est baigné d’une inquiétante lumière verte qui n’a rien pour rassurer. Le chauffeur reste silencieux. Le plan enfin plutôt l’image se resserre sur l’inquiétant visage du chauffeur de la barge. Il est couvert de pustules. On voit juste dans le rétroviseur intérieur ses yeux et son nez des plus étranges quand il la fixe intensément. La jeune femme bras croisés s’enfonce dans son fauteuil.

Une lueur verte éclaire parfois la scène, cela renforce l’impression d’inquiétante étrangeté, de menace. Dans un raccord regard, on voit ce qui a attiré l’attention de la jeune femme. Au cœur des astéroïdes, nous discernons une planète. Nous devinons qu’il s’agit d’Innsmüt : la planète aux cauchemars. Ce lieu semble désolé, terne. Il est envahi par la brume et donne l’impression d’être à l’abandon. Dans La Planète aux cauchemars proposée par Les Éditions Rue de Sèvres, on peut voir une opposition se dresser entre cette planète où il a peu d’immeuble et celle que la femme a quitté qui était surchargée.

Cette bande-dessinée repose sur les talents combinés de Mathieu Sapin pour le scénario et Patrick Pion pour les illustrations. Ces dernières sont le plus souvent d’une grande beauté picturale. Vue du sol on aperçoit la barge qui entre dans l’atmosphère. Puis on assiste à une succession de plans restituant l’atterrissage. La porte s’ouvre à grand renfort de bruit au cœur d’un nuage de fumée. On discerne à peine la silhouette du chauffeur. La barge part aussitôt arrivée.

La jeune femme semble perdue dans l’immensité de ce lieu baigné d’une inquiétante brume grisâtre. Interloquée, inquiète dans ce lieu inconnu, elle se rend à l’hôtel Gilman’s. Nous la précédons à l’intérieur de ce lieu lugubre où le barman imperturbable lave le visage fermé des verres. L’ombre de la jeune femme se projette à l’intérieur de l’établissement. Elle y laisse si l’on peut dire sous bonne garde ses affaires afin de visiter la ville.

La jeune femme déambule appareil photo à la main dans ce lieu désolée. Dehors, il n’y a pas âme qui vive. Puis son attention est attirée par un étrange petit garçon dont le visage porte les stigmates d’Innsmüt. Elle veut le prendre en photo, mais il s’enfuit en 4eme vitesse avant de se réfugier dans un bâtiment. Le mouvement est restitué à merveille par les vignettes.

Les investigations de la jeune femme l’amènent dans un magasin. C’est la première fois que nous voyons sur Innsmüt un visage accueillant comme le dit si bien la jeune femme. Le visage de la vendeuse ne porte aucune marque du masque d’Innsmüt. Elle semble désemparée quand cette dernière lui demande si elle est une touriste « Euh oui, voilà je fais du tourisme ». La jeune femme explique ensuite sa présence à Innsmüt, « je fais une escale avant d’aller retrouver de la famille à Arkham ». La vendeuse est captivée, car elle-même est originaire d’Arkham.

Dans cette bande-dessinée proposée par Les Éditions Rue de Sèvres, c’est la première fois qu’il est fait référence à son nom : Orne. Leur conversation est interrompue avec fracas par l’entrée inopiné d’un natif d’Innsmüt. Dans La Planète aux cauchemars, nous retrouvons à nouveau la figure de la mise en garde. La vendeuse lui dessine un plan d’Innsmüt tout en lui recommandant d’éviter « de trainer un peu partout » et de surtout se tenir loin de « la raffinerie March et l’Eglise de l’ordre de Dagon », « aux rites des plus bizarres ».

Le lien avec Le Cauchemar d’Innsmouth, Lovecraft et Cthulhu est de plus en plus évident. On retrouve ici le mot Dagon. A ces mots l’homme semble tourner sa tête vers elles tout en continuant à faire ses courses. On peut se demander s’il ne les a pas entendus. Nous pouvons voir dans l’illustration suivante la vendeuse qui continue ses confidences. Elle met sa main devant sa bouche et poursuit son récit « leur crédo hétérodoxe et mystérieux suggère de prodigieuses métamorphoses qui mènent à l’immortalité du corps sur cette terre ». Orne écoute attentive. Nouvelle mise en garde « mon pasteur ma gravement en joint de ne pas approcher ces lieux ».

Tout en continuant à tracer son plan la vendeuse attire l’attention d’Orne sur l’étrange aspect des habitants. La vignette suivante se concentre sur Orne qui nous apparaît sur un fond bleuté. En arrière-plan, le visage du client surgit quand elle s’exclame « le Masque d’Innsmüt ». Il en est aussi question chez Lovecraft leur aspect est proche de celui des batraciens. Le client semble donner corps à cette expression. Il fait irruption de profil dans la vignette suivante et les interrompt durant leur conversation en posant avec fracas sa conserve sur le comptoir. Leurs airs surpris fait penser à des enfants pris en faute. Après son départ Orne confirme « c’est vrai qu’ils ont l’air bizarres ».

Un peu inquiète, elle veut savoir si la vendeuse n’a pas peur. Cette dernière lourdement armée est prête à toutes éventualités. Son visage se fait plus sombre. Le scénario de Mathieu Sapin rejoint la trame du roman de Lovecraft « vous avez vu leur peau on dirait comme une lèpre insidieuse et dégénérative et encore celui-là était un jeune », « les plus vieux sont ceux qui ont suivi le plus de malformations, ils vivent cachés ».

La vendeuse l’oriente vers un marginal, un gentil fou qui rôde vers la gare le vieux Zadok Allen. Elle l’averti que « C’est un être furtif qui regarde par-dessus son épaule ». Orne l’interrompt lugubre « comme s’il redoutait quelque chose ». C’est selon la vendeuse la seule personne qui pourra la renseigner. Mais tout à un prix même à Innsmüt. Selon la vendeuse la seule façon de le faire parler est de lui donner des pilules. L’image suivante se focalise sur la main de la vendeuse qui tient une boîte de pilules. En arrière-plan, on voit le visage désabusé d’Orne qui demande le prix du flacon.

Les illustrations de Patrick Pion nous amènent ensuite à découvrir plus en détail Innsmüt et ses environs. Nous pouvons observer un paysage quasiment désertique. La raffinerie d’or semble tout dominer. La ville est entourée d’un rempart. Nous voyons la surprise se dessiner sur le visage d’Orne qui se promène le long d’une plage. Dans un raccord regard, on voit ce qui a attiré son attention. Un poisson hideux aux dents des plus acérés s’est échoué sur la plage. Il ressemble aux étranges créatures des profondeurs que nous avons pu voir dans des documentaires. On peut se demander ce qu’il fait là.

Orne pénètre dans un bâtiment à l’abandon empli de poussières et de toiles d’araignées. Ce lieu va lui servir d’observatoire, elle va y épier la ville et la raffinerie. On la voit l’œil fixé à son objectif en train de prendre des photos. Dans un raccord-regard, on voit ce qu’elle observe à travers son objectif. Les vignettes qui restituent cette vision ont un bord arrondi et leurs rebords sont légèrement floutés.

Dans une première illustration, on voit la ville et la raffinerie qui la domine. Celle d’après présente une vision plus rapprochée de la porte. On peut discerner écrit au-dessus de l’entrée « Ordre de Dagon ». Le cliché suivant si on peut dire se rapproche encore plus de l’ouverture le nom « Dagon » est écrit en lettres rouges dont la peinture dégouline. Donnant l’idée de lettres de sang instaurant la notion de menace.

On discerne dans la pénombre un point plus clair. On voit un cours instant le visage surpris de la jeune fille, puis elle reprend des photos. À travers un zoom, on peut apercevoir de dos une étrange créature vêtue de rouge et portant une tiare qui rappelle celle qu’on a vu au musée. Le cliché suivant nous montre la créature de profil, elle tient une coupe.

Sur la dernière photo, cet être monstrueux proche des batraciens nous fait face dans toute son horreur. Il semble malgré la distance voir la jeune femme. Pour marquer à la fois l’urgence, la frayeur l’arrière-plan derrière la fille est rouge. Nous voyons le visage effrayé et choqué d’Orne quand elle réalise ce qu’elle voit. On a la sensation que la créature est consciente de sa présence. La jeune femme entend un bruit et décide de quitter les lieux. Une fois sortie, Orne jette un regard anxieux derrière elle. Dans la vignette suivante, on voit au premier plan le visage d’Orne tandis qu’une silhouette se découpe sur la porte du lieu qu’elle vient de quitter.

Un homme vêtu de haillons la suit. Orne décide de l’attendre à l’abri d’un mur, puis elle l’apostrophe « approchez, n’ayez pas peur ». Il s’assoit et réagit uniquement à la vue des pilules. On reconnaît en lui Mr Zadok Allen. Les vignettes dans lesquelles on peut le voir parler ont un fond violet, mauve qui s’intensifie en même temps que les pilules font effet ou que Zadok se laisse emporter par ce qu’il raconte.

L’homme indique l’île au centre de l’étendue d’eau « c’est ici que tout a commencé… », « … la malfaisance venue de ciel », « c’est ce vieux Obed March qui les a ramenés d’expédition ». L’homme se laisse emporter par son discours et s’exprime dans un étrange dialecte. Les adeptes et connaisseurs de Lovecraft y reconnaîtront le R’lyeh. La langue fictive qu’il a créée et qui est parlée par les Grands Anciens dont Cthulhu et ses adorateurs.

Plus nous avançons dans notre lecture de La Planète aux cauchemars proposé par les Éditions Rue de Sèvres, plus le mystère s’épaissit. Nous plongeons en plein cœur de l’horreur. La jeune femme est dubitative. Surprise par l’heure elle revient sur ses pas, la pénombre commence à s’installer et des bruits étranges envahissent la ville. Ils rappellent pour certains des clapotements. Pour son plus grand malheur, Orne se retrouve bloquée sur Innsmüt pour la nuit. La navette étant hors service. Le chauffeur la dirige vers le Gilman’s.

Dans une vignette, nous pouvons voir un écho de sa conversation avec l’homme de l’aérogare de Newbury Post « Il y a un hôtel à Innsmüt La Maison Gilman’s. Mais je ne vous le conseille pas ». Ces propos semblent maintenant de mauvais augure voire lugubre. La nuit que la jeune femme va passer au sein du Gilman’s va la mener au confins de l’horreur dans un cauchemar éveillé dont elle devra tenter de sortir vivante. Mais peut-être n’est-elle pas au bout de ses surprises ?

Mathieu Sapin et Patrick Ron avec La Planète aux cauchemars proposé par les Éditions Rue de Sèvres donnent un coup de jeune au roman Le Cauchemar d’Innsmouth de Lovecraft. Ils se réapproprient l’histoire et la modernise la rendant accessible à tous. Une fois plongée à l’intérieur de cette histoire nous sommes captivés et nous n’avons qu’une idée lire cette bande-dessinée d’une traite.

Osez si vous en avez le courage embarquer pour la Planète aux cauchemars

La Planète aux cauchemars scénario de Mathieu Sapin d’après une histoire de H.P. Lovecraft, dessin de Patrick Pion. Éditions Rue de Sèvres.

Prix :15€

Pour plus d’information https://www.editions-ruedesevres.fr/

Rédactrice freelance, Pigiste

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