Culture

Explorez si vous l’osez Les Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft

Les Montagnes de la démence d'H.P Lovecraft. Éditions Bragelonne. Photo: Philippe Lim
Les Montagnes de la démence d’H.P Lovecraft. Éditions Bragelonne. Photo: Philippe Lim

Septembre 1930, le professeur Dryer mène une expédition scientifique dans une partie inexplorée de l’Antarctique. Suite à la disparition d’une partie de son équipe au cœur d’une tempête peu après qu’ils aient découvert une espèce inconnue, le professeur se lance à leur recherche.

Sa quête va le mener à suivre la piste sanglante des cadavres de son équipe dans les montagnes de la démence situées dans une partie inconnue de l’Antarctique. Cette dernière rappelant l’effroyable Leng du Necronomicon. Curieux, ils vont s’aventurer plus profondément dans la cité cyclopéenne peuplée d’êtres effrayants. Chaque pas les rapproche un peu plus d’une effroyable révélation qui va mettre à mal leur raison.

Angoissant. Effrayant Captivant. Voici les termes qui caractérisent le mieux Les Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft. Les Editions Bragelonne nous donnent l’opportunité de découvrir ou redécouvrir ce classique dans une nouvelle traduction.

De nouveau dans ce livre comme dans Le Cauchemar d’Innsmouth et Le Molosse proposé par les Éditions Bragelonne nous sommes confrontés à un narrateur qui fait le récit de ce qui l’a mené au confins de l’horreur et de la folie. Dans Les Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft, il s’agit du professeur Dryer. Il est contraint de rompre son silence et de rédiger ce témoignage. Ce dernier prend la forme d’une mise en garde. Cela afin d’empêcher d’autres personnes d’être confrontées à l’effroi qu’il a vécu. De même afin de ne pas réveiller ce qui ne doit pas l’être « Les Grands Anciens et autres créatures effroyables ».

« Si je me crois obligé de parler c’est parce que des hommes de sciences refusent de suivre mes conseils sans connaître mes motifs. C’est tout à fait à contrecœur que je vous expose les raisons pour lesquelles je m’oppose à ce projet d’invasion de l’Antarctique (…) et je suis d’autant plus réticent que mes avertissements pourraient rester vains ».

Comme dans Le Cauchemar d’Innnsmouth proposé de même par Les Éditions Bragelonne, le narrateur se doute que devant l’invraisemblance de ce qu’il va raconter beaucoup douteront de la véracité de ses dires. Ainsi le texte des Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft introduit la suite du récit dans une sorte de flashback qui a une valeur de mise en garde.

Cela bien que le narrateur doute d’être pris au sérieux. « Étant donné la nature des faits que je m’apprête à révéler. Il est inévitable que ceux-ci provoquent l’incrédulité du lecteur. Cependant si j’omettais ce qui paraitra extravagant ou incroyable il ne resterait rien ». Le professeur Dryer voudrait éviter toutes nouvelles explorations « des montagnes de la démence ».

Le narrateur nous explique ensuite ce qui l’a mené dans cette partie inexplorée de l’Antarctique. A savoir des recherches scientifiques basé sur des forages afin d’obtenir la plus grande variété de roches fossiles. Cela dans le but d’en apprendre plus sur l’histoire primitive de ce « sinistre royaume de glace ». Données qui sont « de la plus grande importance pour la connaissance du passé de la Terre ». Malheureusement pour eux et comme cela semble souvent être le cas chez H.P. Lovecraft leur curiosité va être à l’origine de leur perte et de leur plongée dans la folie.

Dans Les Montagnes de la démence proposées par les Éditions Bragelonne tous ou presque se jouent sur l’ambiance. Elle va se faire de plus en plus oppressante, angoissante à mesure que nous avançons dans le récit. Nous sommes comme souvent jamais vraiment confronté directement à l’horreur. Tout se joue tout au moins dans un premier temps dans ce livre d’H.P. Lovecraft par une sensation d’inquiétante étrangeté. Sensation à la fois inquiétante, effrayante étrange voire perturbante. Cela pourrait être vu comme une mise en garde, un mauvais présage, mais à laquelle tout le monde reste sourd.

Nous retrouvons tout au long des Montagnes de la démence des références à l’univers de notre cher maître du fantastique. Ainsi le nom du bateau est Arkham, l’université Miskatonic est citée. On peut de même trouver une de ses sources d’inspiration de l’auteur relative à la beauté picturale et à l’étrangeté de ce lieu.

Ce territoire inexploré est une promesse d’aventure mais surtout de plongée dans l’horreur et à la frontière de la folie « pour faire place à un pays or, argent et écarlate digne de rêves Dunsaniens ». Pour en apprendre plus sur ce point ainsi que sur H.P. Lovecraft et ses œuvres, je vous invite à lire Le GuideLovecraft de Christophe Thill proposé par les Editions Actusf. Mais la référence qui se file durant ce livre proposé par les Éditions Bragelonne est celle relative au Necronomicon.

Plus exactement au plateau de Leng qui semble trouver son incarnation dans ce lieu cauchemardesque. Ainsi « le décor me rappelait (…) et les descriptions encore plus étranges et perturbantes au plateau de Leng qui apparait dans le redouté Necronomicon (…). Plus tard j’aurais l’occasion de regretter d’avoir ouvert ce livre monstrueux ». Il y sera plusieurs fois fait référence dans cet ouvrage.

Dans Les Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft l’intense curiosité des chercheurs et de Lake va précipiter leurs fins. De même elle va les mener à faire des découvertes sur l’humanité qu’ils auraient préféré ne pas faire. Lake et son équipe vont explorer une région inexplorée de l’Antarctique dans « le fol espoir de révolutionner les domaines de la biologie et de la géologie ».  C’est une expédition vers l’inconnu. Ils vont aller de découverte en découverte toutes plus surprenantes et intéressantes les unes que les autres ainsi que d’étonnants spécimens.

Le narrateur devant l’enthousiasme de Lake en vient à regretter de ne pas avoir pris part à cette expédition. Cependant l’euphorie, l’enthousiasme va être de courte durée et va laisser place à l’effroi et à la mort. Les étranges montages au cœur de ce livre proposé par les Éditions Bragelonne sont souvent source de malaise. Ainsi « Elles dépassent l’imagination », « sont étranges », « formation étrange ». De même Lake « éprouve une étrange sensation à se trouver à l’ombre de ces immenses pics silencieux touchant le ciel comme une muraille au bord du monde ».

Ces Montagnes de la démence cachent une cité cyclopéenne et sont liées aux Grands Anciens. Lake et son équipe vont trouver d’étonnants spécimens. La plupart on subit d’étranges blessures, incisions, perforations profondes comme s’ils avaient été attaqués par un prédateur inconnu des hommes. Il reste cependant quelques spécimens intacts.

Tout comme les chiens mis en présence des habitants d’Innsmouth dans Le Cauchemar d’Innsmouth proposé par les Éditions Bragelonne. Ceux des Montagnes de la démence sont de plus en plus nerveux, agités en présence de ces étranges créatures.

De nouveau dans ce livre d’H.P. Lovecraft c’est la curiosité des personnages qui va les entraîner au plus profond de l’horreur. Cela se fait par palier. L’ambiance se fait de plus en plus pesante angoissante, inquiétante jusqu’à atteindre l’horreur pure. Lake va faire une découverte déterminante.

Malheureusement comme ils le découvriront tous à leur dépend certains secrets voire certaines choses ne devraient pas être déterrées. Ainsi « l’aspect rappel certains monstres des mythes primitifs en particulier les choses anciennes du Necronomicon ». Cela sera de nouveau évoqué un peu plus loin. On retrouve aussi des références à Cthulhu. Ainsi « Idée d’une existence ancienne hors Antarctique ». « Les spécimens complets présentent une ressemblance étonnante avec des créatures des mythes originels ».

Ces créatures rappellent les « choses très anciennes évoquées dans le Necronomicon (…) rappellent aussi les créatures du folklore préhistorique dont parlait Wilmarth : prolongement du culte de Cthulhu ». Ce rapprochement avec les Grands Anciens devient même un sujet de plaisanterie. Il est donné aux créatures le sobriquet « d’Anciens ».

Dans Les Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft tout va basculer d’un coup à la faveur d’une tempête. Le narrateur et son équipe perdent le contact avec Lake et les autres. Ainsi, les dix hommes constituant l’équipe de sauvetage. Plus particulièrement, l’étudiant Danforth et le narrateur vont se trouver confrontés à un monde « hideusement magnifié où rodent des horreurs que rien ne pourrait effacer et que nous nous retiendrons si possible de révéler ». Ils ont opté pour une histoire censurée.

Cependant comme le dit lui-même le narrateur dans ce livre proposé par les Éditions Bragelonne l’urgence se fait sentir. Il s’est vu dans l’obligation de faire ce récit détaillé pour alerter, mettre en garde. Cela afin d’éviter qu’une nouvelle expédition ne soit tentée et ne réveille ce qui devrait rester endormis. « S’il ne fallait mettre d’autres explorateurs en garde contre l’indicible terreur ». « Depuis notre retour nous nous efforçons en permanence de décourager toutes explorations en Antarctique ».

Les Montagnes de la démence semblent dans un premier temps hostiles à toute invasion de leur sombre secret. Ainsi « les montagnes montaient menaçantes dans le ciel », « pics sinistres », « flèche de cauchemar ». De même « je ne pouvais m’empêcher de penser que ces pics étaient maléfiques », « des montagnes démentes dont l’autre versant était tourné vers un abîme absolu et maudit ».

Effrayantes, elles donnent l’impression d’être de sombres présages voire une mise en garde. Tout comme la cité cyclopéenne sur laquelle les montagnes semblent monter la garde « cauchemardesques hideuses », « effroyable rempart », « terrifiant sommet ». Dès qu’ils approchent du camp, une notion d’inquiétante étrangeté et de mutation du réalisme s’installent avant que tous pénètrent au cœur de l’horreur et de la folie.

Dans ce livre proposé par les Éditions Bragelonne il est plusieurs fois fait référence au montage de la démence en tant que telles : « montagnes démentes », « folles montagnes », « montagnes aberrantes ». Comme souvent et ce malgré les mises en garde et mauvais présages, le narrateur des Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft poussé par sa curiosité veut décrypter les sombres mystères entourant ce lieu. Contre toute attente leur curiosité va surpasser l’horreur.

Ils vont donc décider de s’enfoncer un peu plus profondément au cœur des montagnes de la démence et de ce qu’elles cachent. Malheureusement pour eux l’horreur et les terribles révélations auxquelles ils vont être confrontés dans ce livre proposé par les Éditions Bragelonne vont les plonger aux confins de la terreur et de la folie. Le narrateur fait ce témoignage cette mise en garde pour empêcher d’autres de s’y aventurer. Cela « de peur que les monstres endormis ne se réveillent ».

Les Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft nous entraînent pour notre plus grand plaisir aux cœurs des ténèbres. Cela dans une atmosphère souvent anxiogène, angoissante qui nous amène par palier aux frontières de l’horreur et de la démence.

Aurez-vous le courage d’affronter l’indicible vérité au cœur des Montagnes de la démence

Les Montagnes de la démence d’H.P. Lovecraft. Éditions Bragelonne. Prix : 7,90 €.

Pour plus d’info : https://www.bragelonne.fr/

Rédactrice freelance, Pigiste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Protected by WP Anti Spam