Culture

La Maison de la culture du Japon à Paris vous propose une immersion totale dans l’univers de l’enfance avec Pendanteve

Depuis la création de la compagnie Batik en 2002, la chorégraphe Ikuyo Kuroda exploite souvent la violence des émotions des adolescentes. Pendanteve ne déroge pas à cette règle, ce spectacle de danse vous plongera dans le monde de l’enfance qu’il vous exposera sans illusion.
Pendanteve repose sur l’ambivalence des sentiments, vous y verrez le basculement de l’innocence vers la cruauté. Les jeux qui sont exploités dans la chorégraphie commencent souvent avec douceur pour parfois évoluer vers la violence. Cet aspect apparait dans la danse dont l’énergie, la frénésie bascule en un instant pour exprimer la douleur, la violence et le tourment.
La frénésie de l’enfance évolue vers l’hystérie où les éclats de rire, les larmes de douleur et de désespoir se côtoient dans un joyeux chaos. Le spectateur est bouleversé, son empathie est mis à mal par un flot d’émotions et de sentiments qui le submergent et le laissent indécis devant un tel spectacle.
Pendanteve est à la fois étonnant et déstabilisant, il repose sur une chorégraphie moderne où le cri tient une place importante. Cela risque de déplaire à certaines personnes dont l’imagination ou la vision risque d’être choqué voire de rester insensible face à cette vision sans filtre de l’enfance.
Au-delà du brio de la chorégraphie qui rend la vitalité, la dualité et le trouble de l’enfance et du passage vers l’adolescence, ce qui interpelle le plus dans Pendanteve c’est sa musique.
Jiro Matsumoto par sa bande-son vous plonge dans un monde onirique et féérique, presque chamanique que l’on peut être tenté de rapprocher d’Enigma, Era entres autres. Le plus époustouflants repose dans un secret qui démontre le talent de cet artiste hors pair: toutes les voix quelles soient enfantines, féminines ou masculines proviennent d’une seule et même personne Jiro Matsumoto. Cet effet est réalisé sans trucage, mais en jouant sur l’emplacement des dispositifs qui diffusent et jouent sur la profondeur de la voix.
L’origine de Pendanteve soi Pendentif se base sur un moment attendrissant. Lors d’une tournée à Moscou, une enfant de 5 à 6 ans prénommée Eva, après avoir été bouleversée par la danse d’Ikuyo Kuroda lui offre le pendentif de sa mère pour la remercier. Cette rencontre est à l’origine de cette plongée dans l’enfance où les émotions fortes qui se cachent au plus profond du cœur des fillettes sont extériorisées.
Âmes sensibles s’abstenir, vous ne résisterez peut être pas à la vision crue et moderne de la chorégraphie de Pendanteve sur l’enfance.

Maison de la Culture du Japon à Paris, 101 bis quai Branly 75015, Paris. Ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 20h. Fermeture le dimanche, le lundi et les jours fériés.
Pour plus d’information : http://wwww.mcjp.fr

Rédactrice freelance, Pigiste

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