Culture

Laissez-vous émouvoir par un drame à la fois poignant et déstabilisant avec Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld

Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution
Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution

Jésus Lopes, un jeune pilote de courses automobile meurt tragiquement dans un accident de moto. Sa mort violente et soudaine laisse tout le monde sous le choc. Peu à peu son jeune cousin Abel mal dans sa peau et totalement à son opposé va prendre sa place.

Les parents de Jésus semblent l’encourager dans cette voie. Ainsi : petit à petit il va emménager chez eux. Ces derniers reportent leur attention sur lui. Abel va porter les vêtements de Jésus, se rapprocher de ses amis ainsi que de son ex petite amie. La ressemblance avec son coussin va devenir déstabilisante sans que personne ne s’en rende compte. Sa personnalité, son être vont s’effacer et laissez place à son cousin.

Poignant. Troublant. Envoûtant. Voici les termes qui caractérisent le mieux Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Ce film proposé par Tamasa Distribution sortira en salle le 13 juillet. Une chose est sûre il ne laissera personne insensible.

A noter le brio du montage et du réalisateur lui-même. Cela transparaît entre autres dans la beauté picturale de certaines images parfois teintées de poésie. De même, on peut observer un habille emploi de la bande-son. Cette dernière donne de temps en temps lieu, si l’on peut dire à des flashbacks auditifs. Ceux-ci sont en totale opposition avec l’image. Ils renvoient souvent à des souvenirs qui les hantent.

Le début de la célèbre chanson issue de La vie est un long fleuve tranquille donne l’impression d’être des plus adéquate. A savoir : « Jésus revient, Jésus revient, Jésus revient parmi les tiens ». Car à défaut d’assister à la résurrection du Christ on peut être tentée d’y croire l’ébauche d’une autre. Celle d’un autre Jésus voire plutôt une transmutation.

Ce film proposé par Tamasa Distribution s’ouvre sur un fond noir. Tout le talent de Maximiliano Schonfeld est déjà visible dans ses premiers plans.  En fond sonore, on entend une discussion, des rires.

Peu à peu tout bascule une voix interpelle quelqu’un « Jésus arrête mon pote », « rentre fait pas le con ». Suivie par des bruits de verres, de bouteilles accompagnées par l’ébauche d’une dispute. Puis le son d’une moto qui démarre.

Le plan suivant de Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld est empreint d’une grande beauté poétique. Ainsi on discerne dans une sorte de clair-obscur les contours d’une silhouette sur une moto. Elle est entourée d’un halo lumineux provenant des phares de la voiture derrière elle.

Cette dernière donne l’impression de vouloir le doubler. Le véhicule se rapproche dangereusement. On devine que c’est Jésus qui est sur sa moto.

Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution
Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution

A cet instant de ce film proposé par Tamasa Distribution la musique se fait angoissante. On se doute qu’un drame va se produire. Le réalisateur emploi souvent une technique de superposition pour amener des transitions.

Ainsi à cette silhouette se superpose le visage d’un adolescent. La musique angoissante persiste un instant. Abel est sous la pluie. Suis dans Jésus Lopez de Maximiliano Schonfeld un plan d’ensemble. On y voit plusieurs personnes agenouillées sous la pluie. Elles se recueillent, rendent un dernier hommage au défunt « je pleure pour Jésus ».

Tout à coup la musique s’arrête remplacée par les bruits de la nature dont l’orage. Puis le titre apparaît sur un fond noir « Jésus Lopes ». Ce film proposé par Tamasa Distribution change ensuite de ton. On peut voir le jeune Abel et les siens dans une voiture. Une alternance de plans restitue le trajet qui semble long.

Dès le début de Jésus Lopez de Maximiliano Schonfeld la caméra est centrée sur Abel et sa lente métamorphose. Dans un premier temps, Abel est mal dans sa peau. Il est souvent mal à l’aise, à l’écart.

Ainsi nous le retrouvons accoudé nonchalant à une table. Un homme lui présente ses condoléances. Nous sommes à une veillée funébre ou plutôt à la réception avant la cérémonie. La caméra suit ensuite le jeune homme. Il sert des boissons aux invités dans le jardin. Abel va croiser différents personnages dont le groupe d’amis de Jésus.

Durant ce passage de ce film proposé par Tamasa Distribution on peut voir ou plutôt entendre les invités aborder le drame. Cela illustre à merveille le traumatisme et l’incompréhension liés à la mort de Jésus. Abel sur son chemin surprend des conversations. Celles-ci sont hors-champs.  On entend entre autres les amis de Jésus « Je ne comprends pas il s’est énervé », « il n’avait rien bu du tout ces bizarres ». Une jeune femme se rongeant les ongles sort du lot. Elle lance un regard vers lui. Nous découvrirons qu’il s’agit d’Azul l’ex de Jésus.

On en apprend un peu plus sur les circonstances de l’accident : « il a enfourché sa moto », « Je le voyais il était super agité ». Nous voyons ensuite la mère de Jésus choisir ses derniers habits. Tandis que dans l’ombre Abel de nouveau à l’écart assiste à la scène impassible.

Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution
Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution

Nous apercevons ensuite à la procession, puis à la mise en terre. Ce qui peut étonner c’est qu’ils sont tous habillés de façon décontractée pour assister à l’enterrement. Au début de Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld, on peut noter une nette opposition entre Abel, son cousin et ses amis.

 Ainsi ces derniers ont un look de motard ou de métalleux. Certains portent des t-shirts avec des noms de groupe de métal ou de rock. Par opposition, Abel porte des tenues classiques, à savoir un t-shirt uni et un jean. Sa famille et lui vivent dans une ferme plus exactement dans une maison isolée. Leur quotidien est rythmé par la monotonie des travaux de ferme. Sa sœur est enceinte.

Un peu plus tard dans ce film proposé par Tamasa Distribution on les retrouve dans un restaurant, sorte de diner. Tous deux observent par la fenêtre les amis de Jésus d’un œil critique « ça ne fait même pas deux mois, ils ne devaient pas arrêter ».

Nous entendons le bruit d’une moto qui démarre. Abel ajoute « s’ils continuent, ils vont finir comme Jésus ». Tout en faisant remarquer « regarde ils picolent avant de prendre la route ». Ces remarquent semblent plutôt amusantes au regard de ce qui va suivre dans Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld voire assez contradictoire.

Nous pouvons observer dans cette scène une variation de point. Cet effet sera réutilisé dans ce film proposé par Tamasa Distribution. Ainsi Abel et sa sœur sont nets. Tandis qu’au second plan le groupe de jeunes que nous voyons à travers la fenêtre est flou.

Un peu plus tard nous retrouvons Abel chez les parents de Jésus. Le père est absorbé devant des vidéos des courses auto de son fils. Il dit à Abel regarde « comme il va vite ». Le jeune homme comme à son habitude donne l’impression d’être mal à l’aise.

Maximiliano Schonfeld joue avec brio sur les attentes du public. Durant la plus grande majorité du film, on ne voit pas le visage de Jésus. Il finira par s’imposer quand Abel finira sa transmutation enfin si l’on peut dire.

Peu à peu le jeune homme va prendre la place laissée par le défunt. Les parents de Jésus lui proposent de passer la nuit chez eux. Cela afin d’aller à la rivière avec les amis de Jésus ainsi que le père de ce dernier.

Dans la chambre de Jésus sa mère donne un short de bain de son fil disparu à Abel qui n’avait rien prévu. En cherchant dans la penderie la mère se souvient avec nostalgie de quelques anecdotes associées entre autres à sa veste de course, sa veste pour sortir danser. Abel semble touché. Il sourit. Abel va dormir dans la chambre Jésus. Dans la pénombre il ne peut pas trouver le sommeil. On entend hors champs la mère de Jésus craquer. Tandis que son mari tente de la consoler sans résultat.

On note dans Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld un net rapprochement entre les parents de Jésus et Abel. Ils reportent toute leur attention sur lui. L’image de leur fils se projette sur lui dans une sorte de substitution.

A la plage, le père l’invite à se baigner, tandis que lui garde leurs affaires. Comme souvent tout au moins dans la première partie de ce film proposé par Tamasa Distribution Abel est à l’écart du groupe, mal à l’aise. Tandis que les amis de Jésus parlent du jeune homme responsable de l’accident.

Chacun a son opinion « il faut le laisser vivre avec sa culpabilité », « qu’il souffre un peu c’est mérité ». L’un d’eux est plus virulent « il faut le tuer ». Puis l’un des jeunes demande son avis à Abel. Mal à l’aise, il sort de l’eau sans répondre. Rejoint le père de Jésus qui se montre prévenant avec lui avant de rejoindre les jeunes. Ceux-ci l’acclament.

Puis l’ex de Jésus tente de se rapprocher de lui, l’aborde en douceur. Lui pour sa part est gêné. Elle a remarqué qu’il porte le t-shirt de Jésus. Quand Azul rejoint ses amies, une d’elle parle d’Abel avec dédain.

Dans Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld on voit une nette opposition entre la vie d’Abel à la ferme et chez son oncle. La mère de son cousin encore abattue lui explique que la sortie à la rivière a fait du bien à son mari. Cela lui a rendu ce moral.

Petit à petit une complicité s’établie entre les deux. Ainsi le père de Jésus initie Abel à la passion de son fils à savoir les courses automobiles. Le jeune homme l’aide à réparer la voiture de course de son cousin. Puis le père l’initie à la conduite d’un tel véhicule. Au départ cela ne semble pas être à son goût mais Abel s’y fait vite.

Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution
Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution

On a l’impression dans ce film proposé par Tamasa Distribution que le père de Jésus voire ses parents font revivre le souvenir de leur fils au travers d’Abel. Ce dernier se prête au jeu complaisament. Mal dans sa peau, il est séduit par l’aura la personnalité de son cousin. Il en vient à passer plus de temps chez son oncle. Seule sa sœur semble voir plus ou moins d’un mauvais œil ce rapprochement.

Cette métamorphose, transmutation commence en douceur. Abel se rend à un rassemblement de motos. Il porte la veste de son cousin sur ses propres habits. Le jeune homme est maladroit. Abel ne semble pas vraiment à sa place. Il y croise Azul qui lui plaît. Pour faire comme les autres, il veut prendre une bière. Un des amis de Jésus lui demande « tu n’es pas trop jeune pour boire une bière ».

Abel finit par s’éloigner et est rejoint dans un endroit à l’écart par Azul. C’est à ce moment précis de Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld que la véritable personnalité de Jésus est plus ou moins abordée.Il est moins sacralisé ainsi Azul fait remarquer « pour une fois je ne me suis pas battue ».

Elle poursuit « Avec Jésus on se battait tout le temps ». Ce dernier les entraînait. On apprend que Jésus foutait le bordel. Impulsif, agressif, il est loin du timide et touchant Abel. Ce que fait remarquer Azul « Heureusement tu ne lui ressembles pas ».

Dans Jésus Lopes une grande partie d’entre eux tous au moins semblent hantés par des démons du passé  voire plus exactement un drame. Ainsi on retrouve l’usage si l’on peut dire de flashback auditif, Abel observe par la fenêtre un feu de broussailles. Il est perdu dans cette contemplation. On entend « non » accompagné d’un cri donnant l’idée qu’un drame s’est produit.

La mère de Jésus s’enferme dans le désespoir voire à du mal à se remettre. Au retour du rassemblement de moto, elle se confie à Abel. Ce dernier est gêné. Ainsi sa tante lui explique qu’elle imite la voix de Jésus avec le chien ainsi qu’avec son mari pour ne pas perdre contact avec lui pour ne pas sombrer.

Étrangement la lente métamorphose d’Abel donne l’impression de passer inaperçue pour la plupart bien qu’elle soit des plus déstabilisante. Elle semble même encouragée par les parents de Jésus. Ils voient l’image de leur fils en Abel. Ainsi le père de Jésus le motive à participer à la course hommage de son fils au volant du véhicule de ce dernier. Si cela semble inquiéter les parents d’Abel ceux de Jésus revivent.

Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution
Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution

Peu à peu dans ce film proposé Tamasa Distribution Abel va s’effacer changer d’abord en douceur avant la métamorphose finale et soudaine. Ainsi chez les parents de Jésus, Abel essaye plusieurs coiffures devant le miroir. Une fois dans la chambre de Jésus la mère de ce dernier coiffe les cheveux d’Abel avec le peigne de son fils avant de poser la tête sur son dos. Puis c’est son style vestimentaire qui change, cela avant d’amorcer la dernière étape et la plus déstabilisante.

Étonnamment bien que ce film s’appelle Jésus Lopes il suit dans un premier temps Abel, cependant Jésus reste omniprésent. Cela bien que son apparence reste longtemps un mystère avant de s’imposer à nous ainsi qu’à Abel. On retrouve ici tout le brio de Maximiliano Schonfeld dans ce film où les deux familles se révèlent marquées par le drame. On suit avec passion l’intrigue qui n’a de cesse de nous surprendre.

Assister à la lente et déstabilisante métamorphose d’un jeune homme dans Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld

Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution
Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld. Tamasa Distribution

Jésus Lopes de Maximiliano Schonfeld avec Lucas Schell, Joachim Spahn, Sofia Palomino. Tamasa Destribution. Argentine-France. 2021. Durée : 1h27.

Au cinéma le 13 juillet.

Pour plus d’info : https://www.tamasa-cinema.com/

Rédactrice freelance, Pigiste

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