Culture

Pénétrez au cœur des tribunaux avec Jours de crimes de Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard

Jours de Crimes de Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard. Éditions Points. Photo: Philippe Lim
Jours de Crimes de Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard. Éditions Points

Passionnant. Captivant. Véridique. Voici les termes qui caractérisent le mieux Jours de crimes proposé par les Éditions Points. Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard sont depuis 15 ans des chroniqueurs judiciaires chevronnés. Ils nous livrent dans Jour de crimes des histoires vraies parfois amusantes, troublantes voire émouvantes.

Comme le dit si bien le sous-titre de ce livre proposé par les Éditions Points, vous êtes confronté ici à la comédie humaine sur les bancs des tribunaux. Vous ferez connaissance avec une galerie de personnages qui se succèdent sur le banc des accusés : tueurs en série, grands voyous, vieillard amoureux….

Au cours des audiences, leurs intimités seront mises à nu. Ils n’auront plus de secrets et seront dévoilés sans filtre devant les juges et jurés ainsi que vous accessoirement durant votre lecture. Jours de crimes de Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard nous font assister pour notre plus grand plaisir aux procès inconnus voire peu connus de gens ainsi qu’à d’autres des plus célèbres.

Dans ce recueil de courts récits proposé par les Éditions Points, vous serez autant amené à rire qu’à pleurer. Une courte citation des deux auteurs Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard introduit parfaitement le sujet abordé dans le titre tout en sachant éveiller votre intérêt « Pendant quelques jours, parfois semaines, rien d’autre ne compte. L’univers tout entier se condense entre les 4 murs d’une cour d’assises », « des hommes, des femmes dont nous ignorons tout deviennent familier », « rien d’eux ne nous est épargné, surtout ce qu’il voudrait nous cacher. On aspire jusqu’à la plus fine particule de leur intimité. Nous les ripailleurs de l’humanité ».

Souvent dans Jours de crimes les affaires nous sont détaillées, le mobile tout comme le verdict nous sont souvent indiqués. La façon d’écrire est des plus fluides et facilite la lecture. Ces courts récits d’une page parfois, nous plonge au cœur des cours d’assises. Ils peuvent nous rappeler Pierre Bellemare et ses Histoires criminelles dont je suis une fan inconditionnelle. C’est une des raisons pour laquelle j’ai été attirée par Jours de crimes proposés par les Éditions Points.

Vous ne pourrez pas rester insensible face aux histoires vraies rassemblées par les deux chroniqueurs judiciaires. On peut citer entre autres, deux histoires émouvantes dont : Moment de grâce « sa mère a été tuée devant elle à coup de couteau par le Monsieur du box. Quand il était petit le Monsieur du box se faisait rouer de coup par sa mère à lui », « quand le juge demande à la petite fille de 10 ans ce qu’elle pense de tout ça du crime, de l’accusé. Elle répond : dans le fond, il a moins de chance que moi. Parce que moi, ma maman elle m’aimait ».

Dans Marcel qui relate deux histoires, on ne peut qu’être émue par la première. Dans laquelle un homme tue à bout de nerfs sur un coup de tête son épouse qui souffre de démence. Le jury se montrera clément et le condamnera à une peine légère des plus symboliques. Marcel répond à ce geste par « je suis un criminel, chacun pensera ce qu’il voudra. Moi ma peine c’est de vivre ».

Le deuxième Marcel de cette partie est un personnage beaucoup moins attendrissant. Il tue une femme en pleine nuit, car Marcel s’est senti rejeté. Une fois condamné, il se confit au psy de la prison « Après tout je suis mieux ici qu’en maison de retraite, au moins il y a des jeunes ». Souvent dans ce livre proposé par les Éditions Points, une citation clé est extraite des récits et est mise en valeur sur une page entière.

Jours de crimes abordent des procès parfois célèbres dont celui d’Yvan Colonna. Ils sont parfois présentés sous un autre angle, on les voit à travers un autre regard. Comme toujours dans ce livre le style des récits est objectif, impartial cela est propre à la condition des chroniqueurs judiciaires. Nous découvrons ainsi celui de Bertrand Cantat dans un récit émouvant vue à travers le regard des deux mères celle de la victime et celle de l’accusé, leurs réactions et leurs ressentis nous sont donnés.

Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard nous présentent ses affaires sous des angles inédits. Ainsi le récit Albums photos aborde le procès de Guy Georges, à travers un album photos. Celui-ci comprend des dizaines de photos prises par les techniciens de la brigade criminelle sur les scènes de crimes. Selon eux au regard des clichés le procès de Guy George serait un « procès rouge ».

Vous retrouverez aussi dans Jours de crimes de grandes figures du crime dont des voyous professionnels au bagout des plus développés « ils ont réponse à tout sont tantôt enjôleurs, goguenards ou insolents ». Trois figures de voyous nous sont présentées dans le récit Bagout dont Antoine Ferrara « Notre père vendait dans un camion à pizza, mais à la psychologue vous aurez déclaré que c’était un leurre ? qu’entendez-vous par leurre ? / Oui Madame la présidente. Il y avait écrit pizza en gros, mais il n’y avait que des sandwichs. C’est ça le leurre. Vous pensiez à autre chose Madame la présidente ? c’est bizarre les idées mal placées ».

Tantôt drôles, émouvantes, poignantes les histoires de Jours de crimes ne vous laisseront pas indifférentes. Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard vous font le portrait durant votre lecture des différentes personnes présentes dans la cour d’assises dont : l’huissier, le greffier, la presse judiciaire pour ces derniers leurs bureaux se trouvent au Palais de justice de Paris. Ils nous dressent dans la section Identification la figure de l’accusé « il nous ressemble, mais il est loin », « il y a dans le procès d’assises un ultime (…) qui interdit de le comprendre, car on ne porte pas le poids du crime ».

Les auteurs abordent avec objectivité voire parfois avec un certain lyrisme ou humour ces scènes de procès prisent sur le vif. Le sujet traité des plus captivant ainsi que le style de Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard nous plonge en immersion totale dans leur sujet. Un glossaire juridique complète Jours de crimes et facilite grandement la lecture de cet ouvrage.

Suivez avec passions les récits émouvants voire amusants de procès grâce à Jours de crimes aux Éditions Points.

Jours de crimes de Stéphane Durand-Soufflant et Pascal Robert-Diard. Éditions Points.

Prix : 7.50 €

Pour plus d’info :  http://www.editionspoints.com/

Rédactrice freelance, Pigiste

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