Culture

Plongez à vos risques et périls au cœur de l’horreur grâce aux Aventuriers de l’Etrange et leurs Histoires à dormir debout

Angoissant. Captivant. Voici les termes qui caractérisent le mieux cette plongé au cœur des ténèbres. Cette BD, Histoires à dormir debout dont on doit le scénario et les dessins à Pedro Rodriguez comporte pour notre plus grand plaisir des grands classiques. Il s’agit d’un recueil d’un recueil de nouvelles d’épouvante illustré d’une main de maître par à Pedro Rodriguez.

Préparez-vous à trembler de plaisir, âmes sensibles s’abstenir vous allez entrer dans l’univers de l’horreur, du meurtre et de la hantise.

Les Aventuriers de l’Etrange vous invite à découvrir ou redécouvrir de grands classiques qui trouvent leur parfaite incarnation dans cette bande-dessinée. Vous pourrez ainsi y retrouver entre autres : Le Vampire de Polidori auteur à qui l’on doit l’image littéraire du vampire, La Main de Maupassant, Le Chat noir d’Edgar Allan Poe, Le Pacte de Sir Dominik de Sheridan Le Fanu à qui l’on doit le mythique Carmilla, Le Récupérateur de cadavres de Stevenson.

Dès le début, la couverture de ces Histoires à dormir debout donne le ton. On y voit sur un fond noir une attraction de fête foraine servant à dire la bonne aventure, on peut apercevoir l’emplacement où l’on doit mettre l’argent ainsi que le coût. On peut aussi y voir des gravures inquiétantes.

Aurez-vous le courage d’entendre cette prédiction ? Vous pourrez apercevoir à travers la vitrine un singe habillé qui tire les cartes, celle que l’on voit au premier plan : la mort. Introduisant dès le début la notion de mauvais présage.

Tout au long de votre lecture de cette BD les meilleurs conteurs de tous les temps, vous racontent leurs histoires à glacer le sang. L’effroi, la peur et la folie hantent les pages des textes terrifiants qui constituent ces Histoires à dormir debout.

Les pages avant le début des récits servent de préambule et renforcent le côté dérangeant, étrange de ce recueil. On peut y voir représenté sur un fond d’un noir d’encre encadré de rideaux rouge, deux singes aux yeux et sourires inquiétants qui feuillettent des livres.

Ce même lugubre personnage nous accompagne tout au long de notre lecture, silhouette inquiétante recroquevillé, les yeux fixés sur nous à côté des numéros de page. Renforçant encore plus l’impression de menace cette créature lugubre, semble toujours tapis dans l’ombre à guetter.

Fan de littérature fantastique, de roman gothique et d’horreur tout comme de films du même genre, j’ai tout de suite été captivée par ces Histoires à dormir debout qui nous entraîne dans une plongée au cœur des ténèbres.

Cette bande-dessinée proposée par Les Aventuriers de l’Etrange regroupe plusieurs de mes auteurs favoris dont Edgar Alan Poe, Sheridan Le Fanu et Polidori. J’ai toujours été passionnée par le mythe du vampire sur lequel portait mon M2.

Dans ces Histoires à dormir debout ce n’est pas la créature maléfique du Creepshow qui introduit les récits, mais les auteurs eux-mêmes qui vous accompagnent. Cela m’a rappelé les séries basées sur les nouvelles d’Hitchcock et introduite par le maître lui-même. Vous trouverez aussi à chaque fois une courte biographie.

Pour la première nouvelle vous serez amené à faire connaissance avec Catherine Crowe cette dernière a écrit entre autres des récits consacrés aux apparitions et fantômes basés sur des faits réels. Nous pénétrons ensuite dans le vif du sujet : La Pension Buck’s Dale de Camden Hill.

Dans la première vignette, Catherine Crowe est mise en scène sous les traits d’une charmante vieille dame assise dans un fauteuil en osier un chat sur les genoux, mais ne vous laissez pas berner par cette apparente quiétude. L’auteur y introduit : le lieu, les personnages et l’histoire. Un couple après un héritage considérable décide d’ouvrir une maison d’hôte, tout se passait bien, cependant lors d’une funeste journée d’automne les évènements prirent une tournure inattendue suite à la plainte d’un client terrifié qui veut quitter sa chambre qu’il déclare hantée.

On retrouve dans cette nouvelle et plus généralement dans ce petit cabinet des horreurs proposé par Les Aventuriers de l’Etrange le thème de la Mise en garde cher aux les contes.

Souvent dans cette bande-dessinée et pour notre plus grand bonheur, ils ne sont pas pris en compte au détriment de ceux à qui ils sont adressés. Dans La Pension Buck’s Dale de Camden Hill, c’est le client apeuré qui met les propriétaires en garde « que Dieu vous vienne en aide. Quittez cette maison avant qu’il ne soit trop tard ».

Le récit est parfaitement illustré. Les expressions sont restituées à merveilles dont l’inquiétude et la peur qui deviennent tout au long de ces Histoires à dormir debout contagieuses

Chaque nouvelle présente dans cette bande-dessiné est introduite par une image blanche sur laquelle est représentée le titre ainsi qu’un dessin illustrant le récit. Sans grande surprise pour La Main de Maupassant, il s’agit d’une main. Ses thèmes de prédilection la folie et le paranormal semble avoir leur place dans cette œuvre de Pedro Rodriguez.

C’est à nouveau l’auteur qui introduit l’histoire. Les teintes de la vignette rappel le clair- obscur. Comme souvent au cours de ces Histoires à dormir debout, il vous faudra être attentif au cadre entourant l’auteur qui donne souvent une indication sur le thème abordé. On peut apercevoir sur le mur derrière Maupassant un tableau mettant en scène un meurtre. Pour cette nouvelle il s’agit du crime de vengeance.

Le début de La Main de Maupassant met en scène, comme c’est souvent le cas dans ces Histoire à dormir debout, du suspens « Le juge Bermutier fut confronté au crime le plus inexplicable et mystérieux de toute sa carrière ».

Le juge surprend dans l’ombre d’un bar une conversation concernant un mystérieux nouvel arrivant: un anglais. Sans suit regards suspicieux, commérages, puis si l’on peut dire on observe dans la vignette suivante un raccord/ fondu enchainé lorsque le juge dit « votre sinistre anglais n’est probablement qu’un rentier qui cherche la tranquillité ». On voit à ces mots dans une scène de nuit l’homme concerné par ces commérages passé près des fenêtres du bar.

La Main de Maupassant est toujours merveilleusement illustrée. Un peu plus loin on voit sur deux vignettes s’étaler le tableau de chasse de l’anglais : ses trophées. La chasse étant une de ses grandes passions. La pièce est des plus inquiétantes avec ces animaux empaillés sont toutes crocs dehors (ours, guépard, crocodiles) tous sont menaçants.

Cette scène renforce l’idée de menace qui plane. Nous apprenons que l’anglais cherche les trophées les plus précieux et se vante de façon lugubre « il ne reste pas au monde un animal que je n’ai pas chassé ». Pour lui leur vie est sang valeur. Il reste à notre cher juge ainsi qu’à nous qu’à découvrir le joyau de sa collection « la bête la plus impitoyable de la création ». La menace semble se préciser.

Comme souvent dans ce recueil d’épouvante, le suspens est des plus présent. On peut apercevoir un gros plan à cet instant sur le visage horrifié et étonné du juge. On voit se refléter dans ses lunettes l’objet de son effroi : une main.

Nous passons ensuite dans ces Histoires à dormir debout à un autre genre d’horreur. Nous pénétrons dans un nouvel univers cauchemardesque, celui de l’un de mes auteurs préférés : Edgar Allan Poe.

De nouveau celui-ci s’adresse à nous comme ses congénères pour introduire l’histoire, à ses côtés on peut apercevoir dans une cage dorée un corbeau. Thème souvent associé à Poe et auquel il consacrera un poème tout simplement appelé Le Corbeau. Ses œuvres sont des références dans la littérature d’horreur classique.

Edgar Allan Poe nous conte dans ces Histoires à dormir debout sa nouvelle Le Chat Noir. Animal à la sinistre réputation vue par certains comme un porte-malheur ou pour d’autres comme l’animal familier des sorcières.

Comme toujours dans cette bande-dessinée Pedro Rodriguez sait donner corps au texte en usant de différents artifices dont celui proche des ombres-portées employé entre autres quand le personnage éborgne son chat. On discerne par cette artifice l’animal grimaçant de douleur, la fourchette plantée dans l’œil.

Son style à tout au moins selon mon point de vue une approche des plus cinématographique. Ainsi on aperçoit une vignette noire sorte de fondu au noir au fils des vignettes on s’éloigne de plus en plus de l’image pour finir par distinguer qu’il s’agit de l’orbite d’un chat, puis par le voir en entier.

On retrouve un principe approchant un peu plus loin dans la nouvelle après avoir tué son chat, le personnage principal semble poursuivi par la malchance. On peut ainsi apercevoir,un gros plan sur l’œil valide de son nouveau chat dont l’iris se déforme pour prendre la forme d’un chat borgne. La culpabilité, la folie, le remord hante cet homme qui va plonger peu à peu dans la folie.

La prochaine Histoire à dormir debout met en scène un thème courant que l’on retrouve dans Faust : Le pacte avec le Diable. Cette œuvre s’intitule Le Pacte de Sir Dominick. L’image d’introduction illustre parfaitement le récit, un gentilhomme fait face à un homme à tête de bouc rouge.

Nous devons cette nouvelle à John Sheridan Le Fanu, auteur à qui l’on doit entre autres Carmilla. Son œuvre influença d’autres auteurs dont Bram Stocker et son Dracula.

Comme à l’accoutumé nous retrouvons dans la première vignette Sheridan Le Fanu assis à un bureau, il rédige un texte sur une feuille de papier. A travers la fenêtre qui se trouve derrière lui on peut apercevoir des arbres inquiétant proche de l’imaginaire gothique.

Dans cette histoire, le héros rencontre un homme inquiétant des plus élégant vêtu de rouge auprès de qui il contracte un pacte lui offrant la gloire et les plaisirs pendant 7 ans. Une fois le pacte contracté, les vignettes se font plus sombres. L’aspect maléfique de cet être vous apparaitra plus tard et ne laissera plus planner le doute à leur deuxième rencontre ses cornes sont apparentes.

On retrouve de l’humour voire un contre point comique et cela plusieurs fois dans cette nouvelle dont dès le début « Qui Diable êtes-vous ? » réponse de l’intéressé « Il n’y a qu’un Diable et tu l’as devant toi », quand on lui demande sur le secret de sa réussite « une chance diabolique ».

La prochaine nouvelle proposée par ces Histoires à dormir debout : Les Récupérateur de cadavres de Stevenson m’a tout de suite fait penser au film Cadavres à la Pelle avec les excellents Simon Pegg et Andy Serkis.

Stevenson introduit l’histoire avec en arrière-plan un tableau représentant un squelette en pied. L’image d’introduction rejoint le même thème on y voit un corps écorché. Cela renvoi au personnage principal Mr Fette, un étudiant en médecine qui va suivre en dehors de la fac un cours d’anatomie.

Ce jeune homme va découvrir à ses dépends comment l’éminent professeur K a toujours à sa disposition des cadavres frais à disséquer. La vie de Fette va alors basculer et plonger dans l’horreur quand le professeur va lui demander de seconder son assistant. On voit à cet instant le visage de ce dernier se parer d’un sourire inquiétant voire démoniaque.

Une fois si l’on peut dire ce pacte conclu les vignettes deviennent plus sombres, plus lugubres donnant vie à cette plonger en plein cœur du cauchemar et en nous y entrainant.

Nous poursuivons ensuite notre odyssée au cœur de l’horreur dans ces Histoires à dormir debout avec La Maison du cauchemar d’E. Lucas White. Cet écrivant est connus pour ses anthologies de littérature d’horreurs et de nouvelles fantastiques.

L’auteur introduit l’histoire en instaurant dès le début une notion de suspens, de basculement dans l’inquiétante étrangeté tout y est alors possible comme tout au long de cette bande-dessinée. Le voyage que le héros entreprend ne fut « pas aussi calme qu’escompté ».

Tout bascule quand il a un accident de voiture au milieu de nulle-part, il croise la route d’un adolescent qui l’accueil chez lui. A cet instant, les images se font plus lugubres, plus sombres nous pénétrons à nos risques et périls dans l’univers du fantastique, de l’horreur. Branches d’arbres inquiétantes sans feuilles, épouvantail, corbeaux, fenêtres cassées, l’endroit semble limite à l’abandon.

Ce lieu sans grande surprise a la réputation d’être maudit, hanté. Comme souvent dans cette œuvre proposée par Les Aventuriers de l’Etrange, il vous faudra vous tenir sur vos gardes et vous méfier des apparences.

Ces Histoires à dormir debout se clôture en beauté avec le cultissime Vampire de Polidor. L’image d’introduction avec son poignard renforce l’impression de menace planant sur l’histoire.

Polidori introduit l’action, nous y assistons à la même ligne de conduite que la majorité des nouvelles représentées dans cette bande-dessinée la quiétude qui bascule dans l’horreur. Aubrey et sa sœur Eveline sont deux riches héritiers évoluant dans le milieu des hautes sphères londonienne. Ils finirent par y rencontrer le mystérieux aristocrate Lord Ruthven dont la présence ne laisse personne indifférent tous sont sous l’emprise de son charme glaciale.

L’entrée de ce personnage ne passe pas inaperçu, il apparait en haut des marches, élégant vêtue de rouge quand on repense à l’une des précédente nouvelles cet homme prend des accents démonique ou tout au moins inquiétant.

Aubrey finit par sympathiser avec lui. Tout deux décident de voyager ensemble, c’est durant ce périple qu’Aubrey finit par perdre ses illusions sur le Lord qui se révélé tout autre qu’il semblait être : plus exactement un expert des bas-fonds.

L’image se fait plus sombre, plus sinistre quand nous sombrons dans le côté obscur de ce personnage. L’un de ses vils plaisirs est de pervertir les âmes innocentes dont en charmant pour leur plus grand malheur de jeunes filles. A travers ces vignettes Lord Ruthven semble agir dans l’ombre.

Dés qu’Aubrey arrive à se soustraire à sa mauvaise influence, les images reprennent leurs couleurs. Il retouche enfin au bonheur et tombe amoureux, Audrey veut explorer des ruines inexploitées, sa bien-aimée le met en garde. On retrouve comme souvent dans ces Histoires à dormir debout et plus couramment dans les contes le principe de la mise en garde, il n’en est pas tenue compte dans cette nouvelle.

Le thème clef est enfin abordé « il ne faut pas traverser la forêt la nuit à cause des vampires et de leur malédiction » et est parfaitement illustré sur un fond rouge, on peut apercevoir l’ombre-portée d’une de ses créatures toutes crocs dehors. S’en suis une nouvelle mise en garde qui deviendra lourde de sens « Ils sont parmi nous, ne révélant leur monstrueuse apparence seulement la nuit quand ils chassent ». Les vignettes se font plus sombres : la nuit la forêt prend des accents menaçant, lugubre : ronces aux branches menaçante, renard toutes crocs dehors. Nous pénétrons au cœur du cauchemar.

La BD Histoires à dormir debout des Editions Les Aventuriers de l’Etrange est un véritable trésor qui séduira plus d’un ou d’une dont ceux qui comme moi sont passionnés de livres d’horreur ou de roman gothique. Pedro Rodriguez avec ses illustrations donne totalement corps aux nouvelles recueillies dans cette bande-dessinée ainsi qu’à leurs thèmes

La folie, le paranormal, la vengeance, le remord et le suspens sont omniprésents dans cet ouvrage et nous entraine au cœur des ténèbres où il n’y aura pas forcément de happy end et tout est possible dans cette bande-dessinée.

J’ai dévoré d’une traire ces Histoires à dormir debout et les recommande chaudement. C’est le moment idéal pour vous installer confortablement dans votre canapé ou votre lit bien emmitouflé sous un plaid, une tasse de thé à porter de main avant d’entamer à vos risques et péril votre voyage au cœur de la terreur.

 

Vous qui pénétrez ici abandonnez tout espoir le temps d’une lecture des plus palpitantes qui vous entrainera aux confins de l’horreur grâce aux Histoires à dormir debout.

 

Histoires à dormir debout de Pedro Rodriguez. Edition Les Aventuriers de l’Etrange.

 

Prix : 16€

Pour plus d’information/vente en ligne : https://www.les-aventuriers-de-letrange.fr/produit/histoires-a-dormir-debout/

Rédactrice freelance, Pigiste

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