Culture

Plongez au cœur d’un polar palpitant qui vous entraînera dans les tourments de l’âme humaine avec Toute la violence des hommes

Toute la violence des hommes de Paul Colize. HC Edition
Toute la violence des hommes de Paul Colize. Photo: Philippe Lim

Qui est Nikola Stankovic? un artiste de génie à la fois graffeur assurant des performances insensées la nuit dans la capitale belge et peintre virtuose employant la cryptographie pour distiller des messages profonds et codés dans ses fresques d’apparences ultraviolentes.

Ou bien au contraire un meurtrier, un fou. Nikola est la dernière personne à avoir vu en vie une jeune fille retrouvée criblé de coups de couteau dans son appartement.

Tout semble jouer contre lui et indiquer sa culpabilité. Arrêté, interrogé, incarcéré puis confronté à une expertise psychiatrique, Niko nie en bloc et se terre dans le silence…

Captivant. Énigmatique. Voici les termes qui caractérisent le mieux Toute la violence des hommes de Paul Colize aux Éditions Herve Chopin. On suit avec passion l’investigation menée par Philippe Lariviere l’avocat de Nikola Stankovic et Pauline Dervel la directrice de l’établissement où Niko sera gardé en observation. Tous deux malgré les preuves flagrantes croient en son innocence. Ils entament un voyage dans l’histoire de Nikola et de celle d’un pays traumatisé par la guerre.

Le style de ce livre de Paul Colize rend sa lecture plus fluide, plus rapide avec l’usage de phrases courtes, percutantes des plus visuelles que l’on retrouvera tout au long de ce livre que l’on dévore plus qu’on ne lit.

Dans Toute la violence des hommes chaque chapitre se concentre sur un personnage dont nous faisons la connaissance et partageons leurs pensées les plus profondes.

Ce polar des Éditions Herve Chopin s’ouvre sur l’interrogatoire de Nikola. On entre dans la psyché du suspect qui semble résigné « A présent, il savait que le pouvoir appartenait au plus fort. La force permet de s’imposer ».

Vous découvrirez dans Toute la violence des hommes que ce personnage énigmatique a choisi une bien étrange ligne de défense en préférant se terrer dans le silence. Il reste silencieux face à celui qui l’interroge car pour lui « le silence était son allier ». Nikola est conscient que le silence est à double tranchant, il « peut-être aussi une arme. Il masque les mensonges, les aveux, la trahison ». Lors de son audition, sa réaction semble étrange, Niko paraît sur la défensive, il répond uniquement aux questions par une phrase convenue « Ce n’est pas moi » qui deviendra une sorte de leitmotiv.

Paul Colize dans ce roman policier des plus envoûtants joues sur les attentes du public en distillant çà et là des énigmes, du suspense afin de captiver l’attention du lecteur et de le plonger au cœur de ce polar aux multiples rebondissements.

Dans Toute la violence des hommes le mystère plane sur la nature du crime de Nikola. Ce dernier est qualifié dès le début de « faits sordides », « une chose était sûr ce type allait lui poser des problèmes ». Il vous faudra vous armer de patience et attendre le chapitre 5 pour connaître enfin la nature de ce méfait.

Au fil des chapitres de Toute la violence des hommes de Paul Colize nous faisons connaissance avec les différents protagonistes. Certains nous dressent un portrait subjectif de Nikola qui nous semble toujours aussi mystérieux voire même posséder un côté enfantin. On découvre ainsi qu’il est surnommé « l’enfant/ le gamin » cela « malgré son âge », « impression d’un enfant égaré dans le monde des adultes ». C’est cet aspect de sa personnalité qui fait que son avocat s’attache à lui. Niko semble posséder un côté fragile, touchant avec entre autres « son apparence chétive ».

Son ancien codétenu n’était pas sensible à son charme, à cet aspect de sa personnalité. Il jugeait Nikola bizarre, lunatique, absent, muet, accro au Nutella comme la majorité des enfants.

Nous découvrons ensuite dans ce polar des Éditions Herve Chopin le talent caché de l’accusé être aux multiples facettes que nous apprendrons à connaître au fil de notre lecture. Cet homme à la fois complexe et brisé semble trouver dans la peinture ou tout au moins dans son art un côté catharsis qui lui permettre d’exorciser ses démons.

Durant l’une des nuits que Nikola a passé en prison, il a peint un dessin angoissant sur les murs et le plafond de la prison on pouvait y voir « Des serpents, des visages grimaçants, une femme de profile, un gamin de dos, un château d’eau, des membres arrachés, des roses…».

C’est dans le chapitre 6 consacré au funambule et à son art que nous prenons pleinement conscience de son talent et que l’on découvre une nouvelle facette de l’accusé. Les rues de la capitale belge sont la toile d’œuvres obscènes, d’images qui ne passent pas inaperçu et font parler de lui.

Toutes ses œuvres empreintes de réalisme brut portent la patte de Nikola malgré leurs côtés subversifs leur qualité picturale est pour les experts indiscutable. L’artiste s’inspire de tableaux existants dont : dans l’emploi de différentes techniques et du clair-obscur toutes parfaitement maitrisées..

Les dessins qu’il produit représentent des scènes crues de meurtres, des scènes de souffrance, de violence qui semble refléter une âme en peine. Nikola est un homme plus complexe qu’il ne semble possédant entre autres un sens aigu du détail Nikola distille des énigmes et messages cachés dans ses fresques.

Le suspense se distille tout au long de Toute la violence des hommes et nous plonge à la fois dans la vie du suspect et en plein cœur de la guerre. Plusieurs interlocuteurs se succèdent pour nous entraîner dans un roman policier des plus captivants qu’on a l’impression de vivre de l’intérieur. Vous ferez ainsi la rencontre : de l’avocat de Niko, de l’accusé lui-même, de la responsable du lieu où il sera mis en observation, de son infirmier attitré et d’un enfant croate sous fond de guerre.

Tous s’intéressent à Nikola et doute malgré les preuves accablantes de sa culpabilité. Ils décident de s’investir pour lui et de décrypter les mystères entourant cet être trouble afin de prouver son innocence. Tous trois ressentent de l’empathie pour lui, car comme dit si bien son avocat « cet homme saignait d’une blessure profonde, antérieure aux événements qui l’avaient amené dans cet endroit ». Son avocat le pousse à se dévoiler, s’exprimer, s’extérioriser à travers son œuvre afin d’en apprendre plus sur lui « ces étoiles (détails présents dans plusieurs de ses œuvres) faisait à coup sûr partie de l’énigme en était peut-être l’un des fils conducteurs ».

Il vous faudra vous armer de patience et être des plus attentifs pour décrypter ce polar des plus captivants qui comme l’œuvre du peintre recelé un ou plusieurs indices. Tous les titres des chapitres reprennent une phrase ou un thème du texte. Vous découvrirez ainsi que le titre du livre Toute la violence des hommes renvoi à celui du chapitre 45.

Lorsque Paul Colize aborde le personnage de l’enfant, on assiste à des scènes de guerre, d’intenses terreur. On se doute bien que cela ne soit pas clairement énoncé qu’il s’agit de Nikola.

Nous suivons son histoire et découvrons les blessures profondes l’ayant menées à l’instant présent ainsi qu’à sa présence sur les lieux du crime voire à trouver d’éventuels liens avec la victime.

Installez-vous confortablement une bonne tasse de thé a porté de main et pénétrez au cœur d’une enquête palpitante avec Toute la violence des hommes.

Toute la violence des hommes de Paul Colize. Edition Herve Chopin. Prix : 19€

Pour plus d’information : http://www.hc-editions.com/

Rédactrice freelance, Pigiste

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