Culture

Prenez part à une enquête captivante dans un village marqué par la sorcellerie dans American witches de Katia Campagne

American Witches de Katia Campagne. Éditions Hugo Poche. Photo: Philippe Lim
American Witches de Katia Campagne. Éditions Hugo Poche. Photo: Philippe Lim

Le corps supplicié d’une jeune femme est découvert sur un sentier de randonnée dans un patelin perdu d’Amérique. Un parchemin est retrouvé enfoncé dans sa gorge. La mise en scène, le modus operandi fait penser à un macabre rituel de sorcellerie. Stratégie ou vrai rituel ? la question se pose, car la petite ville d’Hinsdale reste marquée par les chasses aux sorcières et la sorcellerie.

Karl Rosenberg l’actuel shérif et Ethel Green son futur successeur vont devoir s’allier pour mener à bien cette enquête où se mêlent croyances et réalité. Ils vont découvrir que même les petites villes cachent d’affreux secrets et qu’il faut toujours se méfier de l’eau qui dort.

Captivant. Déstabilisant. Émouvant. Voici les termes qui caractérisent le mieux American witches de Katia Campagne. Ce livre proposé par les Éditions Hugo Poche nous entraîne dans une enquête des plus palpitante qui mêle légende, sorcellerie et réalité. Le brio de Katia Campagne dans American witches est de démystifier la chasse aux sorcières, la sorcellerie et les sorcières en elle-même. Préjugés, accusations d’une société régressive qui voyaient d’un mauvais œil les femmes indépendantes voire plus simplement qui ne rentrent pas dans le moule.

Ce roman proposé par les Éditions Hugo Poche ne cessera de vous surprendre tout en vous invitant à ouvrir votre esprit. American witches commence par une touche de poésie « le papillon de nuit se pose sur son avant-bras et lui tire un sourire ». Cela avant de plonger pour notre plus grand étonnement et pour notre plus grand plaisir dans l’horreur. Nous nous rendons compte qu’elle gît sur un sol glacé.

La jeune femme sent la vie s’échapper d’elle. Comme si ce n’était pas suffisant elle sent une présence néfaste. C’est sûrement son agresseur qui rôde autour d’elle. La victime à « la sensation d’entendre un ricanement », « elle peut presque voir le rictus méchant qui l’accompagne ». Puis au plus profond du désespoir, elle se remémore « le choc de la pierre contre son crâne, le poison, elle avait rendez-vous avec… ». Avant de sombrer pour toujours.

Cette introduction qui ouvre American witches de Katia Campagne captive immédiatement notre attention. On a qu’une envie poursuive notre lecture et découvrir le fin mot de l’histoire. Nous faisons ensuite connaissance dans ce roman proposé par les Éditions Hugo Poche avec l’un des protagonistes principaux Ethel Green. Tout juste arrivé à Hinsdale, il a l’impression d’avoir été mis au placard par son chef de Boston, car Ethel a tendance à ne pas avoir la langue dans sa poche.

Il a tout de même conscience qu’être shérif à 26 ans est une chance qu’Ethel ne peut pas rater. Son seul regret est d’avoir été remisé dans un petit village « au faible taux de criminalité un petit village où il fait beau vivre ». Il le qualifie de « bled paumé au milieu de nulle part ». Comme nous seront amené à le découvrir dans American witches de Katia Campagne, il faut se méfier des apparences. Ethel va l’apprendre à ses dépens tout au long de cette intrigue. Un brin naïf, un peu trop sûre de lui il va finir par trouver ses marques. Ethel va nous apparaître dans toute sa complexité comme un personnage attachant marqué par ses fragilités. Il va accompagner le shérif chef Karl Rosenberg sur les lieux du crime.

Dans ce roman proposé par les Éditions Hugo Poche on peut noter qu’une notion d’inquiétante étrangeté est associée à la forêt « le silence se fait autour d’eux comme si la forêt absorbait toute vie en elle », « a Hinsdale on a la sensation que la vie marquait la frontière entre l’humanité et le règne végétal ». Ethel en pénétrant dans ce lieu ressent des « Picotement dans la nuque. La forêt lui file la chair de poule ». La nature du crime ne fait rien pour relâcher la tension. Ethel va devoir revoir ses prétentions à la baisse. Dans cette petite ville, ce n’est pas rare d’avoir une double casquette. Ainsi le médecin généraliste assume la fonction de médecin légiste.

Dans un premier temps dans American witches de Katia Campagne, Ethel est en bute à l’hostilité de ses collègues qui le voient comme un jeune policier venu de la grande ville ou plus exactement comme un intrus « venu marcher sur les plates-bandes de leur chef ». Ethel devra faire ses preuves avant d’arriver à obtenir la reconnaissance, le respect voire l’amitié de ses collègues.

Une fois face au crime les enquêteurs seront confrontés à ce qui ressemble à un rituel de sorcellerie. Comme le dit si bien un des personnages et comme il nous le sera souvent répété dans le livre. Hinsdale a toujours été lié à la sorcellerie et aux superstitions qui lui sont associées « forcement quiconque vivait à Hinsdale ne pouvait ignorer ses petites bizarreries ésotériques qui fleurissaient tous les matins aux abords de la ville ».

Katia Campagne dans American witches nous donne accès aux pensées des personnages cela en employant l’italique. Cette pratique ainsi que la multiplication des points de vue employés dans ce roman policier proposé par les Éditions Hugo Poche facilite l’empathie voire l’identification. On est suspendu à la plume de l’auteur.

Karl Rosenberg le shérif sur le départ nous apparaît dans un premier temps bourru. Il donne l’impression d’avoir les pieds sur terre et d’être un grand sceptique. Ainsi quand le médecin déclare que cela est sûrement dû à un satanique du coin, Karl rétorque « décidément cela semble être la déduction de tout le monde. Des décennies de chasse aux sorcières et de massacres en tout genre ont laissé des traces ».

Même si de prime abord dans American witches de Katia Campagne, Karl et Ethel semblent souffrir d’un problème de communication. Le shérif actuel donne l’impression de partir à regret « l’idée seule de laisser sa ville au jeune freluquet lui donne des sueurs froides ». Ils vont au cours de cette enquête apprendre à se connaître, s’apprivoiser l’un autre. Avant de sympathiser et de se rendre à l’évidence, ils ont plus de point commun qu’il ne semble.

Tous deux ont du mal à croire à un meurtre rituel. Le légiste souligne le scepticisme de Karl « Rosenberg le grand septique tu n’aurais pas plutôt du mal à lâcher sa dernière enquête ». Bien que cela puisse être tentant comme explication, il est tout aussi probable que Rosenberg a flairé quelques choses. Enquêteur émérite, il n’a que faire des superstitions. Karl Rosenberg à l’esprit ouvert, mais sait faire la part des choses. Quand Ethel s’extasie devant la beauté de la forêt Karl lui répond « une beauté empoissonnée il faut s’en méfier comme d’une femme jalouse ». Comme l’on pourra s’en rendre compte tout au long de notre lecture d‘American witches de Katia Campagne, il a le nez creux.

Soyez attentif tout au long de votre lecture de ce roman proposé par les Editions Hugo Poche les mystères se multiplient tout comme les rebondissements. Ce livre n’aura de cesse de vous surprendre et ce pour votre plus grand plaisir. La victime de ce crime atroce se nomme Tara Stevens. Ils vont découvrir que cette grande influence d’Instagram n’existe que depuis 18 mois. Ce qui correspond à la création de son compte. Qui est cette mystérieuse femme rousse qui a été tuée ?

Ethel et Karl vont devoir apprendre l’un de l’autre tout au long de l’enquête au cœur d’American witches. Ainsi le vieux shérif va-t-il au plus grand étonnement de son remplaçant le mener au « bureau des légendes » pour se renseigner. Il fait observer avec une bonne dose de second degré devant l’étonnement de son collègue qu’ici dans cette petite ville reculée « c’est comme ça qu’on procède dans les vieux bleds. Ici le bouche-à-oreille va plus vite que le wifi et ce qui se rapproche le plus de ton Facebook se trouve derrière cette porte ».

 Tous deux au début de leur collaboration semblent camper sur leur position. On note un sérieux problème de communication. Pour arriver à ses fins et s’intégrer dans le groupe Ethel va devoir en partie revoir sa façon de penser. Au sein de cette forêt lieu étrange où règne l’inquiétante étrangeté. Ils vont faire une rencontre intéressante en la personne d’une vieille originale.

A noter dans cette partie d’American witches de Katia Campagne une habile référence à un maître de l’horreur et du suspens dont je raffole depuis de nombreuses années : Dean Koontz. Cette référence renforce le côté étrange, inquiétant du personnage et de sa demeure « la vieille et sa bicoque se sont échappés d’un bouquin de Koontz ». Ne peut s’empêcher de penser Ethel en citadin qui se respecte et ne connaît pas les convenances, les croyances de la campagne. Limite dédaigneux dans ses propos et sa façon d’être, il va devoir faire une introspection, s’adapter et accepter sa nouvelle fonction. Cela est parfaitement illustré dans cette scène du roman policier proposé par les Éditions Hugo Poche. Espiègle, dédaigneux, arrogant Ethel s’écrit « ce n’est pas une sorcière de Salem, Salem est à 20km ça fait loin pour un meurtre ». Rosenberg lui explique patiemment que « la plupart des sorcières ont choisis de s’exiler pour avoir la paix. Elles restent attachées à leur origine et par conséquence à leur nom ». Cette réflexion entraîne les moqueries d’Ethel, le dédain.

Pour peu il nous semblerai désagréable arrogant, mais durant les investigations au cœur de ce roman policier proposé par les Éditions Hugo Poche il vous faudra vous méfier des apparences. Rosenberg prend sa défense « c’est un gamin de la grande ville. Il ne connaît pas tout ça, c’est pour ça que je te l’ai amené pour qu’il apprenne ». Il surenchérit « tu auras beaucoup de chose à apprendre si tu veux travailler ici ». Ethel va faire son apprentissage auprès de Karl. Ils auront beaucoup à apprendre l’un de l’autre pour mener à bien leur enquête.

Cristabella la vieille femme, leur dit que « quelqu’un cherche à incriminer les filles, quelqu’un cherche à faire le ménage ». Rosenberg donne son opinion sur la mise en scène du meurtre « la fille était rousse et on l’a tué en imitant un rituel de sorcellerie poursuit Rosenberg. Il voulait qu’on pense qu’elle était une sorcière. Tu es sûr que tu ne l’as connaissait pas, elle ne faisait pas partie du groupe de Salem ». Nous apprenons que les soi-disant sorcières dont il est question dans American witches de Katia Campagne et dont Cristabella est une des fondatrices n’ont rien avoir avec le cliché que nous connaissons tous. Bien au contraire et s’agit d’un mouvement féministe.

Katia Campagne dans ce roman policier proposé par les Éditions Hugo Poche donne une explication intéressante concernant les accusations de sorcellerie et le terme en lui-même. Autre temps, autre mœurs. Cristabella explique ainsi qu’il s’agit d’un groupe de féministe. Elles agit pour les femmes dont entre autres en faveur du droit des femmes « c’est une image la sorcière représente la femme qui dénonce les persécutions qui se bat contre la vision d’une femme soumise ». « Il suffisait à une femme de vouloir être indépendante, de refuser un mariage pour être traité de sorcière. Karl va expliquer à Ethel que les sorcières de Salem ont fondé une association qui vient en aide aux femmes battues ». « Il arrive qu’elles leur fournissent une nouvelle identité, une sorte de protection ». Cette observation va entraîner chez eux des interrogations. Peut-être est-ce la clé concernant le fait qu’on ne trouve rien sur Tara. Ce a quoi Ethel fait habilement observer que cette dernière « étant un personnage public quel intérêt de changer d’identité si c’est pour s’afficher sur les réseaux sociaux ».

L’enquête au cœur d’American witches de Katia Campagne va connaître de multiple rebondissement. Les enquêteurs vont être confrontés à des embûches quelqu’un semble prêt à tout pour que l’enquête n’aboutisse pas.

Durant votre lecture de ce roman policier proposé par les Éditions Hugo Poche, vous serez amené à faire connaissance avec toutes une galerie de personnages aux personnalités disparates, mais il faudra être attentifs et vous méfiez de tout. Car au cœur de ce village d’apparence tranquille se cache de terribles secrets, des complots et la corruption touche plus particulièrement le maire. Et si Ethel n’avait pas été mis au placard, mais plutôt envoyé pour mettre les pieds dans le plat et tout mettre à jour ?

Les relations entre Ethel et Karl vont s’améliorer quand ils vont prendre le temps de s’écouter et de communiquer.  Ethel va le rassurer en lui disant que même si on lui a forcé un peu la main « ce n’est pas pour autant que je considère cet endroit comme une voie de garage. On ne se comprend pas toujours tous ces deux, mais je n’ai pas l’intention de laisser s’étioler tout ce que vous avez construit ». Ce à quoi Karl répond « Je le sais mon gars ».

Contrairement à ce que l’on aurait pu croire à la vue du titre American witches, vous ne trouverez pas les classiques ou plutôt le cliché des sorcières avec leurs chapeaux pointus et autres attirails, ni leur sort. Cependant dans ce roman policier proposé par les Éditions Hugo Poche la sorcellerie ne semble jamais loin. Elle lié de façon négative à « cette ville, cette région même à un passé lugubre. Tout le monde connaît le tristement célèbre procès de Salem en l 692, mais ça n’a pas été le seul. Dans ces endroits reculés du Massachusetts comme à Hinsdale les chasses se sont poursuivies pendant longtemps (…) toutes les familles ont été touchées ». Nous en apprenons un peu plus sur la sinistre forêt « cette forêt que tu détestes c’est le premier cimetière du comté. Des tas de femmes ont été enterrées dedans, car en tant que sorcières elles ne méritaient pas de sépulture (…) c ‘est notre histoire et c’est notre devoir de ne pas oublier ce qui s’est passé ».

Dans American witches de Katia Campagne autant Karl initie son successeur aux superstitions, coutumes et à l’histoire de sa ville. Autant Ethel insuffle un vent de renouveau dans l’enquête tout en apprenant aux côtés de Karl. Ainsi Ethel initie Karl à Instagram,car un informateur inconnu le contact via ce média à travers le compte de la défunte.

Ce roman policier proposé par les Éditions Hugo Poche multiple les pistes renforçant ainsi l’intérêt du lecteur. Ce dernier est captivé, amené à s’interroger. Avec American witches de Katia Campagne, vous ne trouvez pas d’affreuses sorcières volant sur des balais, mais plutôt un thriller, roman policier situé dans une petite ville. Lieu où les superstitions, la rancune perdures. Après de multiples rebondissements les enquêteurs vont voir se tisser des liens entre ce crime et un meurtre plus ancien.

Pour autant dans ce thriller proposé par les Éditions Hugo Poche, le surnaturel ne semble pas loin, mais peut-être est-ce un coup monté, un sortilège. Le fantôme de la belle et jeune morte hante l’inconscient du jeune inspecteur. Cela va en s’intensifiant plus, il s’enfonce dans cette enquête hors norme. Ethel à parfois l’impression de perdre pied. Karl son collègue se moque gentiment de lui « il faudrait peut-être faire appel à Cristabella (…) si ça se trouve tu es maudit ». Ethel sourit à la blague « mais il a froid intérieurement ça sent mauvais ». Les mystères se multiplient, les pistes aussi dans un thriller palpitant qui ne vous laissera pas de glace.

Cédez aux charmes empoissonnés d’un polar mené tambour battant dans American witches de Katia Campagne.

American witches de Katia Campagne.Edition Hugo Poche Prix : 7,60 €

Pour plus d’informations : https://www.hugoetcie.fr/univers/hugo-poche/

Rédactrice freelance, Pigiste

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