Culture

Soyez les témoins de la vision unique d’Abel Ferrara sur le thème des vampires avec The Addiction

The Addiction d'Abel Ferrara. Carlotta Films
The Addiction d’Abel Ferrara. Carlotta Films

Kathleen brillante étudiante en philosophie à l’université de New York achève sa thèse. Sa vie va être bouleversée par une rencontre. Au cœur des ténèbres Kathleen croise la route d’une étrange et séduisante femme. Cette dernière a la faveur de l’obscurité l’attire de force dans un coin obscur avant de la mordre au cou.

Contaminée Kathleen va partager son addiction : une soif pour le sang humain. Elle l’assouvira en attaquant ses proches ou des inconnues.

Déstabilisant. Sombre. Violent. Poétique. Voici les termes qui caractérisent le mieux The Addiction d’Abel Ferrara. Carlotta Films vous offre la possibilité de voir ou revoir ce film dans une version 4K restaurée au choix en dvd ou Blu-ray. Abel Ferrara nous livre une œuvre à la fois choc, intense et magistrale. Il nous y donne son interprétation du mythe du vampire. captivée par le mythe du vampire sur lequel j’ai axé mon Master je ne pouvais qu’être intéressée par ce film. Oubliez tout ce que vous croyez connaître sur ces êtres des ténèbres. Abel Ferrara nous dresse un intéressant parallèle entre l’addiction qui donne son nom au film The Addiction et le vampirisme. N’hésitez pas à poursuivre votre plongée au cœur des ténèbres avec les bonus présents dans le dvd proposé par Carlotta Films afin de décrypter ce film poétique, énigmatique et sombre.

Dans le bonus intitulé Entretien avec les vampires habile clin d’œil au livre Entretien avec un vampire d’Anne Rice ou au film qui s’en est inspiré. Abel Ferrara revient sur ce parallèle. Ainsi selon lui « la dépendance physique correspond aux histoires de vampire », dans entre autres « l’aspect physique du manque » le vampire « chasse pour le combler, mais ce manque se poursuit ». On pourra observer ce parallèle tout au long de The Addiction de Ferrara. Ainsi la chanson du générique s’intitule « Your my addiction ».

Ce film proposé en dvd ou Blu-ray par Carlotta Films est aussi une habile invitation à la réflexion. Il donne l’impression d’être dans la continuité des études de Kathleen. Elle étudie la philosophie à la fac de New York. Une chose est sûre ce film à la fois poétique, violent et ténébreux ne vous laissera pas insensible. Abel Ferrara avec The Addiction veut vous faire réagir.

Tout au long de ce film proposé par Carlotta Films un parallèle voire une opposition est établie entre l’action, les attaques et les horreurs de la guerre. Ce film s’ouvre donc par des photographies, des images archives des plus manquantes souvent insoutenables. Ce sont des photos de différentes guerres, mais on y retrouve toujours la même barbarie. Ces images que nous retrouverons dans The Addiction sont souvent tirées d’une exposition qui prend place dans l’intrigue. Au début de ce film d’Abel Ferrara ses images illustrent les propos d’un cours de philosophie. Dans une alternance de plans on voit le visage choqué d’une jeune femme brune. Puis retour sur les images cruelles montrées sans filtre. Nous sommes dans un amphithéâtre, le cours prend fin.

Kathleen la jeune femme brune s’adresse à sa voisine une jeune femme blonde. Toutes deux dissertent sur le sujet du documentaire qu’elles viennent de voir. « C’est le pays entier qui était coupable comment condamner un seul homme ? », « il fallait un bouc émissaire. Il a payé pour les autres. Le système n’est pas parfait ». « Pour ces crimes de guerre tu ne peux accuser un seul homme c’est ridicule ». Contrairement à ce que l’on pourrait croire The Addiction d’Abel Ferrara n’est pas un film de vampire classique. Bien au contraire cette œuvre proposée dans une version 4K restaurée par Carlotta Films est une invitation à la réflexion. Pour certains, il peut être vu comme un film limite expérimentale. Dans la scène suivante de The Addiction les deux amies se séparent.

On voit un thème omniprésent dans ce film d’Abel Ferrara la vie nocturne de New-York. En caméra subjective, nous apercevons la scène à travers les yeux de Kathleen la ville fourmiller de vie et de petits trafics. Nous pouvons ainsi voir des dealers, des travestis et autres figures nocturnes. Dans un plan large, une apparition s’oppose à ce capharnaüm. Une femme bien habillée s’approche de Kathleen et l’aborde. Une musique dissonante retentit introduisant une notion de menace. Le danger ne provient pas de ce qu’on voit ou croit. La femme saisit le bras de Kathleen et l’entraîne brutalement à l’écart. Puis, la jette brusquement au sol. Les plans alternent entre Kathleen la proie et le prédatrice l’inconnue.

The Addiction d'Abel Ferrara. Carlotta Films
The Addiction d’Abel Ferrara. Carlotta Films

Cette scène de The Addiction d’Abel Ferrara est étonnement emprunte d’une douce poésie qui contraste avec la violence de l’action. Cela se traduit par un jeu d’ombres rappelant le clair-obscur. On retrouvera souvent cela dans ce film proposé en dvd et Blu-ray par Carlotta Films. Nous observons ainsi durant cette scène un jeu d’ombres celle du grillage qui se projette sur le visage de la prédatrice. Altière, froide celle-ci ordonne à Kathleen « regarde-moi et dis-moi de m’en aller », « Ne me demande pas dit le moi ». On dirait un chat qui joue avec sa proie. Kathleen la supplie et la gifle « tu crois que ça va m’arrêter ». La femme élégante s’approche de Kathleen et colle sa bouche à son cou. Kathleen donne l’impression d’être extatique.

Nous voyons en caméra subjective la femme élégante s’éloigner. Du sang dégouline de sa bouche. Elle l’essuie négligemment de la main.  n sourire ironique aux lèvres la femme ou plus exactement la vampire lui dit « bienvenue au club ». Elle est magnifiée par un jeu d’ombres sur son visage sur lequel se projette encore la grille. Cela donne une sensation d’inquiétante étrangeté. Après s’être léchée les babines, elle s’écrit à la fois énigmatique et cruelle « tu vas voir ce qui va se passer ». Car oui dans ce film d’Abel Ferrara proposé en dvd et Blu-ray par Carlotta Films la contamination du vampirisme est rapide et se propage vite. Cet état est synonyme de résurrection, mais surtout d’addiction. La scène devient à nouveau silencieuse quand le plan se resserre sur le visage de Kathleen estomaquée qui porte la main à son cou.

Dans The Addiction d’Abel Ferrara le mal, le manque la dépendance vont prendre place peu à peu chez Kathleen. De retour de l’hôpital, elle pousse la porte de son appartement désorientée, ses gestes sont mal assurés. La scène est silencieuse ce qui semble retranscrire le trouble qu’elle ressent. Kathleen va dans la salle de bain et observe horrifiée le sang qui s’écoule de sa blessure. Elle va passer une nuit des plus tourmentée. Dans une alternance de plans la caméra s’éloigne et se rapproche de Kathleen. Allongée sur son lit elle gémit de douleur, remue, du sang dégouline de sa plaie. Elle porte la main à son cou. Dans un flashback nous retrouvons un plan de la vampire dans un clair-obscur dénotant une certaine sensualité. Puis Kathleen se calme.

Dans The Addiction nous sommes ensuite de retour à la fac plus particulièrement en cours de philosophie. Comme souvent dans ce film proposé par Carlotta Films la condition humaine et le vampirisme par son intermédiaire deviennent sujets de réflexion « l’un des aspects du déterminisme est le fait que les impies (…). Non pas de problème de consciente, car ils nient l’existence ou mal. Ils sont voués à l’enfer et ne connaissent pas le repentir ». « La culpabilité à quelque chose de salvateur ».

Suis un plan d’ensemble. Kathleen souffrante sort précipitamment de la salle de cours. Fondu enchaîné, elle se rend aux toilettes. Sur sa bouche lorsqu’elle s’évanouit on discerne du sang. Elle vomit du sang. La conversion, la métamorphose a commencé. Dans The Addiction d’Abel Ferrara la lente métamorphose, le début de la dépendance est parfaitement illustré.

Au restaurant Kathleen n’est pas dans son assiette et joue avec sa nourriture. Elle fixe intensément son amie avant d’étudier une femme en train de manger à une autre table. La faim, le manque se fait sentir. Kathleen dans ce film proposé par Carlotta Films va se transformer par degrés en prédatrice. Nous aurons accès à ses pensées à travers l’usage de la voix-off. Parfois ce sont de froides constatations « ce que nous sommes est en nous à jamais »

Sa première attaque, son premier fixe elle l’a fait en sortant de l’exposition dont nous avons parlé précédemment. La musique est emphatique quand Kathleen s’approche d’un SDF. Son regard s’attarde sur les veines de l’homme inconscient. Elle se rapproche et prélève à l’aide d’une seringue le sang cela dans un insert. On voit ensuite une goutte de sang perler sur le bras. Le nom de ce film d’Abel Ferrara The Addiction s’incarne parfaitement au plan suivant.  Nous retrouvons Kathleen dans sa salle de bain. Elle se saisit d’une seringue et s’injecte le sang. Kathleen est en extase comme une droguée après son fixe/shoot.

La scène suivante de ce film proposé par Carlotta Films se poursuit par un flashback image dont la qualité rappel les films de famille. On y voit une petite fille jouer innocemment. On suppose qu’il s’agit de Kathleen enfant. Cette quiétude est rompue par le même plan de la vampire qui hante Kathleen. Elle semble sous son influence. Après sa pseudo résurrection, Kathleen va entamer une lente métamorphose tant physiquement que psychologiquement. Son attitude devient étrange, elle est entièrement vêtue de noir. Kathleen a masqué ses miroirs, comme si elle ne pouvait plus voir son reflet, assumer ce qu’elle voit.

Dans The Addiction d’Abel Ferrara elle va passer par étapes de proie à prédatrice « c’est la violence de ma volonté contre la leur ». Elle se joue de ses proies. Tout en sachant se montrer enjôleuse quand il faut pour les attirer dans son piège. Ainsi, elle attire dans ses filets son prof de philosophie avec qui Kathleen semble entretenir une liaison. D’abord distante elle se fait ensuite charmeuse. Une fois chez elle, Kathleen se jette sur lui étrange, passionnée, énigmatique « attend j’ai quelque chose pour toi ».

Ce film proposé par Carlotta Films décline le parallèle entre les différentes addictions, formes de dépendances. Kathleen revient avec un plateau sur lequel on distingue entre autres une seringue « la dépendance est merveilleuse ». Allongée sur le canapé, elle lui susurre « tu veux me faire plaisir donne ton bras ». L’homme s’exécute. Dans le plan suivant de The Addiction d’Abel Ferrara on voit un gros plan sur le bras de l’homme deux traits au niveau des veines indique l’un in l’autre out.

Nous notons à cet instant dans ce film proposé par Carlotta Films que Kathleen se berce d’illusions. Elle connaît l’euphorie de l’ivresse ,de la dépendance assouvie, mais cela n’a qu’un temps. Elle va se faire de plus en plus pressante l’entrainant jusqu’à la bestialité. Son attitude même se fait plus offensive quand son addiction, sa dépendance se font plus pressantes. Elle va oublier toute prudence, se laisser guider par ses instincts. Kathleen entame une plongée au cœur des ténèbres dans lesquels elle va entraîner ses victimes autant amis qu’inconnus. Kathleen reproduit dans une sorte de mimétisme l’altitude de vampire qui l’a contaminé.

On retrouve ce parallèle entre les addictions dans une scène de vie nocturne à New-York. On y voit un drogué prendre sa dose tandis que Kathleen dans un autre plan s’injecte ce qu’on sait être du sang. Son appétit insatiable la condamne aux pires actions. Kathleen ne semble pas connaître de limite, ni éprouver de remords ou de sentiments autre que la faim.

The Addiction d'Abel Ferrara. Carlotta Films
The Addiction d’Abel Ferrara. Carlotta Films

Au cours de ses différentes parties de chasse Kathleen va faire une rencontre déterminante en la personne d’un autre vampire. « Quand on a faim ils tombent comme des mouches, mais tu dois apprendre à te contrôler. Apprendre à te contenter de peu ». Il l’invite à s’interroger sur sa condition « tu es l’esclave de ce que tu es, tu n’es rien ». Le vampire a appris à se fondre dans la masse. Il est assez fort pour « dicter à ses besoins sa volonté ». Vampire brillamment interprété par Christopher Walken.

De prédatrice, elle va passer proie ou tout au moins faire un dur apprentissage. Kathleen va devoir apprendre à se contrôler « notre addiction est le mal, la puissance de ce mal repose sur notre faiblesse face à lui ». Le point culminant de ce film proposé par Carlotta Films est une soirée qui va finir dans un bain de sang.

On peut être tenter de voir dans The Addiction d’Abel Ferrara une critique philosophique.  Comme le fait Brad Stephens critique britannique dans son analyse du film présente dans les bonus du dvd proposé par Carlotta Films. Tout au long de cette œuvre magistrale à l’atmosphère grandiose et ténébreuse, vous êtes invité à la réflexion. Kathleen s’exclame ainsi « nous ne sommes pas le mal que nous faisons, mais nous faisons le mal, car nous sommes mauvais ».

La prestation de Lili Taylor dans le rôle principal de Kathleen est à souligner tout comme celles des autres acteurs présents dans ce film d’Abel Ferrara. Je dois vous avouer que j’ai surtout été subjuguée par la prestation magistrale d’un de mes acteur fétiches Christopher Walken. Je trouve que son talent n’est pas assez exploité au cinéma tout au moins ces dernières années. Comme toujours Christopher Walken semble habité par le rôle qu’il interprète.

Pour décrypter une partie de ce film d’Abel Ferrara ou plonger un peu plus au cœur de cette aventure je vous invite à regarder les bonus de ce dvd proposé par Carlotta Films. Vous y retrouverez dans la section Entretien avec les vampires une interview entre autres de Lili Taylor et de Christopher Walken.

J’ai été plus qu’agréablement surprise par ce dernier. Belle âme qui nous apparaît simple, détendu, amusant. Modeste il nous confie « j’apprends juste mes répliques, je n’ai pas fait d’école de théâtre avant j’étais danseur » belle preuve d’humilité pour un acteur magistral. Il se livrera corps et âme à nous tout comme Lili Taylor en nous parlant du film, de leurs rôles entre autres. Vous pourrez aussi avoir le bonheur de voir un entretien avec Abel Ferrara ainsi qu’un bonus consacré à Abel Ferrara pendant le montage.

Pénétrez si vous l’osez au cœur des ténèbres et de votre conscience avec The Addiction d’Abel Ferrara

The Addiction d’Abel Ferrara, dvd et Blu-ray distribué par Carlotta Films. Durée : 82min

Prix : 20€

Pour plus d’info / vente en ligne : https://carlottafilms.com/

Rédactrice freelance, Pigiste

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