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Soyez les témoins d’une vengeance implacable sur fond de polar crépusculaire dans Manhattan Sunset de Roy Braverman

Manhattan sunset de Roy Braverman. Editions Hugo Thriller. Photo: Philippe Lim
Manhattan sunset de Roy Braverman. Editions Hugo Thriller. Photo: Philippe Lim

La découverte du corps supplicié d’une jeune fille dans une décharge n’est que le point de départ de la lente descente aux enfers de l’inspecteur Donnelli. Les morts vont s’accumuler autour de lui, tous comme les fantômes du passé venus le hanter.

Pour ne rien arranger son coéquipier décédé, le 2e en quinze ans, ne le lâche pas avec ses remarques décalées tout en le secondant dans son enquête. Même mort il est toujours aussi présent et la mort n’a rien arrangé à son humour. Donnelli va être confronté à l’horreur absolue. Chaque mort semble autant de coup couteau planté dans son corps. Une vengeance implacable, insensible est en cours…

Décapant. Palpitant. Voici les termes qui caractérisent le mieux Manhattan Sunset de Roy Braverman. Les Editions Hugo Thriller vous livrent avec cet ouvrage un polar crépusculaire dont Audiard n’aurait pas renié certains dialogues.

L’une des thématiques centrales de Manhattan Sunset de Roy Braverman est celle de la vengeance froide, implacable, irrémédiable. L’intrigue sombre s’illumine durant l’alignement annuel et flamboyant du Manhattan Henge. « C’est le moment où le soleil couchant (…) en enfilade la 42e rue ». Maigre consolation dans ce polar noir.

Ce livre proposé par les Editions Hugo Thriller commence au cœur du sujet. Plus exactement par la découverte du corps supplicié d’une jeune fille. Un crime des plus sordide. Dans un premier temps, nous faisons connaissance avec l’inspecteur Donnelli. Il s’agit du personnage principal de cette enquête. Bien que rédigé à la troisième personne nous avons accès à ses pensées, à son ressenti. Cela facilite l’empathie ainsi que la lecture. On est tout de suite captivé.

Chaque chapitre de ce livre proposé par les Editions Hugo Thriller repose sur le même principe. Ils sont centrés sur un personnage particulier. De même leur titre si l’on peut dire reprend une partie de la phrase qui conclut le chapitre.

Revenons maintenant au premier chapitre de Manhattan Sunset de Roy Braverman. Confronté à l’horreur de ce crime Donnelli est profondément touché. « Il prie tous les dieux du monde pour que les blessures de la gamine soient post mortem. Elle a souffert c’est certains puisqu’on l’a tué. Mais seigneur dieu faite au moins que ça n’est pas été à ce point ».

Tout au long de ce livre proposé par les Editions Hugo Thriller Donnelli nous apparait sans filtre, dans toute sa complexité. Blessé par la vie, il noie sa douleur et sa solitude dans l’alcool, mais n’en est pas moins un inspecteur hors pair. Donnelli souffre d’un intense sentiment de solitude. « Dans ce monde misérable » qui prend « la vie de tous ses amis qui le poussait vers le lit de la veuve de Pfiff (Laureen) ». Tous deux se réconforte et se sentent moins seuls.

Dans Manhattan Sunset de Roy Braverman il formera une équipe de choc. Dont en premier lieu avec Pfifferman/ Pfiff. Tous deux échangent sur l’enquête. Quand à notre plus grande surprise, nous découvrons que ce dernier est mort depuis trois semaines.

Tout au long de ce polar proposé par les Editions Hugo Thriller l’auteur jour sur les attentes du public dont au niveau des multiples rebondissements. L’intrigue de Manhattan Sunset de Roy Braverman est menée tambour battant. Elle nous dirige vers de multiples pistes. Deux enquêtes cohabitent, si l’on peut dire, pour notre plus grand bonheur.

De même la nature de Pfiff est ambiguë s’agit-il d’un fantôme ou de l’incarnation de la conscience torturée de Donnelli. Ce dernier se pose lui-même la question : « Ecoute peut-être bien que tu es un fantôme ou ma mauvaise conscience qui me travaille ou une hallucination d’ivrogne qui me poursuit depuis que tu es mort ».

Le doute persiste longtemps. Je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même. Une chose est sûre leurs échanges sont toujours des plus truculents, drôles, touchants. Quand Donnelli lui demande ce qu’il fait là, Pfiff répond « mon job de fantôme Donut, je hante l’esprit de mon équipier pour que nous restions partenaire comme avant ». Comme souvent dans Manhattan Sunset de Roy Braverman Pfiff le met sur des pistes, le pousse à la réflexion. Il reste un équipier de choc même dans l’au-delà.

Dans Manhattan Sunset de Roy Braverman nous suivons l’intrigue à travers différents points de vue. Sorte de caméra subjective nous serons si l’on peut dire juge, juré, bourreau, victime, enquêteur… Nous avons accès à leur ressenti, leur pensé. Ils nous apparaissent sans filtre.

Cela à travers de courts chapitres qui instaurent un rythme à l’histoire tout en nous captivant. Nous faisons ainsi la connaissance de toute une galerie de personnages des plus complexes. Ils sont parfois plus ou moins attachants.

On sera ainsi amené à partager les pensées de Mankato. La nouvelle équipière de Donnelli. Droite, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et va même recadrer Donnelli pour son penchant à la surnommer « Bleu bite ». Nous la suivons tous comme son coéquipier à travers leurs enquêtes. Mankato fera plus ample connaissance avec un agent du FBI undercover.

Durant leurs investigations, ils vont découvrir un lien avec la pègre lituanienne impliquée entre autres dans le trafic d’armes et d’êtres humains. Cependant le pire reste à venir, dans l’ombre un des démons du passé de Donnelli est prêt à régler ses comptes. Il entame une implacable vengeance contre lui. Un compte à rebours mortel est lancé.

Dans Manhattan Sunset de Roy Braverman la tension se relâche grâce à des sortes de contres point comique. Bien que le suspens soit intense, l’humour et l’ironie ne sont pas absent de ce livre proposé par les Editions Hugo Thriller.

La tendance de Donnelli à parler à son coéquipier fantôme ne passe pas forcément inaperçue. Il ne s’en cache pas. On lui en fait plusieurs fois la remarque. Ainsi « plutôt barré comme mec pour un flic non ? (…) il a commandé deux whiskys un pour lui, un autre pour un pote qui n’est jamais venu. Puis il a passé la moitié de la nuit à parler tout seul et à boire pour deux ». Fait observer Escobar à Mankato.

Dans Manhattan Sunset de Roy Braverman Donnelli est souvent et il n’est pas le seul irrévérencieux. Ce qui donne un côté décalé à leurs propos. Les dialogues de ce livre proposé par les Editions Hugo Thriller sont souvent crus. Ils ne manquent pas de mordant.

Ils font parfois penser par leur style à Audiard. Ainsi voilà comment son ex décrivait ses yeux « regarde j’ai les paupières en capote de fiacre et le dessous des yeux en rebord de pot de chambre ». De même cela apparait dans la façon qu’a Donnelli de s’adresser au légiste. Entre eux c’est l’amour vache. « Salut Gouda c’est Donnelli » / « Je t’emmerde Mozzarella je m’appelle Van den (..) » / « excuse-moi c’est parce que tout le monde t’appelle Gouda quand tu n’es pas là ».

Tous deux vont aller au-delà de leur animosité pour mener à bien cette enquête. Ainsi touché par l’empathie et le degré d’implication de Donnelli dans la mort de la jeune fille, le légiste accepte de l’aider.

De même il accepte à plus ou moins long terme d’oublier ses griefs. Mais cela a une condition des plus cocasse « en échange plus personne de ton service ne m’appelle Gouda dans mon dos. Ni Gouda, ni Mimolette bande d’enfoirés ».

Donnelli est souvent attachant. Il a ses défauts, mais aussi ses qualités. C’est un bon enquêteur, au franc parlé non dénué d’un certain humour, d’une certaine ironie. Ainsi quand son supérieur le relance au sujet des funérailles de son ex-femme. « Quoi ? il me la pique, il me la massacre au bistouri, il n’est pas foutu de la garder et maintenant c’est à moi de payer pour ça » / « Que voulez-vous Donnelli cocu un jour cocu toujours ».

Pour ne rien arranger son défunt collègue lui demande de s’intéresser à l’enquête sur sa mort. « Ce n’est déjà pas très reluisant d’en être réduit à hanter les journées laborieuses d’un vieux flic alcoolique, mais en plus si c’est sans savoir pourquoi ça va rendre mon éternité insupportable ». Toutes ses interventions sont souvent drôles, mais surtout des plus utiles.

Dans ce polar proposé par les Editions Hugo Thriller on va de surprise en surprise. On assiste parfois à des situations rocambolesques. Nous n’avons pas le temps de souffler une minute. Nous sommes tenues en haleine et ce jusqu’à la révélation finale.

Donnelli va se retrouver impliqué au cœur de plusieurs enquêtes dont l’une où il est directement impliqué ou visé. Ils seront confrontés à de multiples pistes. De même, on tentera mettra des bâtons dans leurs roues. Cela à de multiples reprises afin de mettre à mal leurs investigations.

On retrouve dans Manhattan Sunset de Roy Braverman une figure de mise en garde qui ne présage rien de bon. Ainsi Mankato déclare face aux propos peu encourageant d’un agent du FBI undercover tombé sous son charme « deux équipiers en 15 ans je devrais faire attention à moi » / « C’est le conseil que je te donne ».

Toutes les enquêtes au cœur de ce polar proposé par les Editions Hugo Thriller ont un point commun à un degré plus ou moins élevé. De même, pour des raisons plus ou moins variées à savoir : la vengeance implacable.

Prenez part à des investigations palpitantes sur fond de vengeance implacable dans Manhattan Sunset de Roy Braverman

Manhattan Sunset de Roy Braverman. Editions Hugo Thriller. Prix : 19,95 €

Pour plus d’info : https://www.hugothriller.com/

Rédactrice freelance, Pigiste

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