Culture

Suivez avec passion Judge Dredd dans son aventure en terrain inconnu dans Mega City Two

Judge Dredd Mega City Two de Wolk/ Farinaset Hill.
Édition Réflexions. Photo: Philippe Lim
Judge Dredd Mega City Two. Édition Réflexions. Photo: Philippe Lim

Judge Dredd dans le cadre d’un programme d’échange se retrouve parachuté au sein de Mega City Two où règne une douce magie hollywoodienne. Cette immense cité des plus colorée et des plus surchargée va le confronter à l’inimaginable…

Survolté. Palpitant. Gore. Voici les termes qui caractérisent le mieux ce Hors-Série de Judge Dredd proposé par les Éditions Réflexions. Nous devons cette petite merveille des plus rythmées et des plus violentes aux talents combinés de Douglas Wolk qui a signé le scénario et d’Ulyses Farinas pour les illustrations.

La couverture de Judge Dredd : Mega City Two donne le ton et semble surtout riche de promesse. On y voit notre cher et coriace Judge Dredd dans toute sa splendeur : de la fumée sort du pistolet qu’il tient à la main donnant l’impression que Dredd vient de tirer. Fidèle à ses habitudes, il fait parler les flingues et est dans l’action.

En arrière-plan on peut voir son impressionnante moto dans un décor apocalyptique à dominance marron et encombré de détritus. Au premier plan, un détail voire un personnage attire notre attention. Il semble en total décalage. Il s’agit d’un petit robot rose et jaune en forme de dinosaure. Son apparence nous rappelle presque notre cher Denver. Il est indiqué sur lui Rap Rex. Ce petit robot lance un « Yo » à l’adresse de Dredd.

Dans ce comics Hors-série proposé par les Éditions Réflexion, Judge Dredd est télescopé à Mega City Two une métropole de la côte ouest qui s’étend autour de ce qui était L.A. Il va découvrir à son plus grand désarroi que les règles sont différentes dans cette cité où l’image représente tout.

La première vignette nous montre en gros plan sur le visage crispé de Dredd qui poursuit en voiture un suspect. Malheureusement pour lui à Mega City Two, on fait les choses différemment. L’image prédomine, la violence semble absente ou mit en scène. Dans un plan large, nous découvrons l’intérieur du véhicule dont le pistolet de Dredd. Décidément les règles ne sont pas les mêmes à Mega City Two, en lieu et place de l’impressionnant pistolet du Judge Dredd. On retrouve un modèle so Kawaii avec une tête de nounours des plus souriantes qui tire uniquement au grand désespoir de Dredd des balles amicales. Cela paraît inconcevable quand on le connaît bien, il ne fait pas dans la dentelle.

Le scénario de Douglas Woks pour Judge Dredd : Mega City Two est des plus captivant, surprenant et gore. Les dessins d’Ulyses Farinas l’illustrent à merveille et rendent parfaitement l’action avec parfois un côté assez cinématographique.

Ce qui prime à Mega City Two c’est l’image et l’audience. Ainsi pour son plus grand malheur Judge Dredd se retrouve affublé d’une équipe de télé qui le suit comme son ombre. Au grand dam de notre cher Dredd qui se serait bien passé de tels chaperons « je suis là pour faire appliquer la loi pas pour passer à la télé », mais il devra faire avec.

L’équipe de tournage se nomme Black Dahlia ils sont prêts à tout pour mettre les images dans la boite. Durant la course-poursuite, on peut apercevoir une femme avec à côté d’elle un droïde avec pour tête une caméra. Ce dernier filme en live l’action à travers le toit ouvrant du véhicule.

Le comics proposé par les Éditions Réflexions enchaîne sur un plan large de la ville de Mega City Two. Ulyses Farinas l’illustrateur nous a restitué à merveille une ville haute en couleur surchargée et encombrée (beaucoup d’immeubles, de panneaux publicitaires, circulations) qui n’est pas sans rappeler « Où est Charlie ? ». Ici cela serait plutôt où est Judge Dredd dont le véhicule est noyé dans la circulation. Finalement une bulle avec son visage nous indique une voiture en particulier. Dans cette illustration d’Ulyses Farinas nous voyons une multitude de panneaux publicitaires.

Le lien à l’image et au cinéma apparaît clairement dans ce plan et plus particulièrement à travers les pubs dont : « Drive in scene : The Gosling », « Donofrio ». Il en va de même pour les noms des axes et rues ; Stallone qui a donné ses traits au cinéma au Judge Dredd, mais aussi Roland Emerich, Tarantino, Rambo Dôme une autre référence à Stallone.

Le rythme effréné de la course-poursuite est rendu à merveille par les illustrations de ce Hors-séries Judge Dredd : Mega City Two of Courts. Elles sont à la fois des plus cinématographiques et des plus graphiques. Ainsi dans une vignette nous pouvons voir Dredd demander à sa voiture de baisser la vitre. Son véhicule des plus familier ne lui répond « Pas de problème vieux » avant de s’exécuter.

Dans un premier temps, on voit un plan sur le pistolet so Kawaï avec sa tête de nounours. Puis dans un raccord regard voire une caméra subjective si on était au cinéma, on voit à travers les yeux de Judge Dredd plus exactement à travers la ligne de mire du pistolet : le suspect. On assiste à une succession de plans pour finir par un sur le pistolet, puis sur les balles qui ricochent sur la voiture du suspect. On voit un instant le profil du suspect interloqué.

Ce fiasco entraîne un cri de frustration de Dredd « Putain de Drokk de balle amicale ». Plus enclins à l’action, à la violence, à la méthode dure. Il n’est pas habitué à cette façon de faire propre à Mega City Two où tout semble trop beau pour être vrai. Véritable royaume de l’image et du paraître. La course-poursuite continue. Mais Judge Dredd ne peut pas renier ses bonnes habitudes. On ne peut pas lutter contre sa nature.

Vous retrouverez souvent dans Judge Dredd : Mega City Two proposé par les Éditions Réflexions des contre-points comiques qui détendent l’action. Quand Dredd demande à son véhicule quels sont ses protections. Dans un gros plan sur un écran sur le tableau de bord, on voit la caricature d’un juge qui énonce les éléments de protection. Toujours dans un langage des plus familier « reçu, ça roule vieux ».

Une fois assuré que sa voiture est un tank Dredd prend les choses en main et passe en commande manuelle. Gros plan sur sa main empoignant violemment le volant. Nous voyons ensuite le véhicule en piteux état qui c’est violemment écrasé sur la voie d’en-dessous dans un grand fracas « WHAAAM ». Le Judge Dredd sort impassible de l’épave.

Dans cette scène et cela sera souvent le cas dans cette bande-dessinée de Douglas Wolk, nous retrouvons de nouveau des références détournées au cinéma ou tout au moins au Show-business : « Clooney », « James Browndron He is a sex machine » se rapportant à la fois à la chanson de James Brown et au fait qu’il s’agisse ici d’un robot.

Au loin, on peut apercevoir un véhicule. Raccord regard, on le voit arriver à vive allure avec à son bord le suspect. Dredd procède à l’interpellation. Qu’elle n’est pas notre surprise quand nous voyons s’enfuir en arrière-plan le parfait sosie du malfrat avec une boite sous le bras.

Pour le plus grand étonnement du Judge Dredd et le nôtre, il se retrouve avec le chauffeur de Gubbins (le suspect) qui vient de retrouver son apparence normale. Le chauffeur est entouré d’un halo bleu. Ce changement est parfaitement illustré par Ulyses Farinas. Le suspect possède un holoprojecteur ce qui risque de compliquer les choses.

Remis de ses émotions Dredd se lance à la poursuite de Gubbins qui vient de pénétrer dans un bâtiment qui a tout l’air d’être un studio de cinéma. Comme souvent tout au long de cette petite merveille proposée par les Éditions Réflexions, nous assistons à des passages des plus amusants parfois d’un humour non dénué d’ironie qui rompent le rythme et tempère l’intensité de l’intrigue

La rue que Gubbins a traversé en un tour de main était déserte jusqu’au moment où Judge Dredd a voulu passer. Il a été stoppé net dans son élan par l’intense circulation et les véhicules qui roulent à tombeau ouvert. Dredd les bras sur les hanches qui attend que cela se calme. Avant de s’élancer il indiquait « je le suis » avant d’ajouter non sans une certaine ironie « dès que je pourrais ».

Dans Judge Dredd : Mega City Two, le talent de l’illustrateur Ulyses Farinas est à souligner. Dans ce comics, il a réalisé son travail d’une main de maître. Il vous faudra être attentif tout au long de votre lecture pour voir des détails amusants ou des références cachées. Pour être sûr de ne rien rater, il serait limite préférable de relire ce comics proposé par les Éditions Réflexions. Ainsi dans la circulation parmi les véhicules nous avons la surprise de voir pour notre plus grand amusement un homme en tenu d’astronaute assis sur un maxi ressort qui se déplace en bondissant.

La course-poursuite nous entraîne au cœur d’un studio dans différents univers proche d’ Hollywood. Dans un premier temps, on se retrouve au centre d’un film de SF avec un extraterrestre imposant qui baragouine et deux acteurs humains. Ces derniers sont plus qu’intéressé par la drogue proposée par Gubbins. La créature les observe avec dégoût et s’exclame « les Humanoïdes me dégoutent ».  Le Judge Dredd fait son entrée dans le plan, les acteurs coupables réagissent comme des enfants pris sur le fait en tentant de cacher la drogue derrière leur dos tandis que la créature lui indique par où est partie Gubbins.

Il est intéressant de noter que décidément dans Mega City Two of Courts des Éditions Réflexions les choses sont différentes. Dans cette BD au rythme effréné, on peut constater qu’à de multiples reprises la limite, frontière entre les vignettes est rompue.

Nous suivons le suspect tout comme Dredd à travers deux plateaux aux genres totalement différents. Dans le dernier, il se retrouve sur le tournage d’une sorte de polar. Un homme y menace une femme avec son pistolet. Tout se complique quand Judge Dredd arrive et se retrouve confronté à 3 copies conformes. Sa patience ayant des limites et comme il ne faut pas jouer avec les nerfs de notre cher Dredd. Il tire une balle amicale sur l’un d’eux. L’homme se plaint. Dredd lui assure laconique « ça te fera bien plus mal à Mega City One ».

Judge Dredd : Mega Ciry Two proposé par les Éditions Réflexions nous rappelle souvent l’importance des images, des plans dans cette ville. Si comme notre cher Judge Dredd on arrive parfois à faire abstraction de l’équipe TV qui le suit. Elle se rappelle à nous. Ainsi l’un d’eux demande à Dredd « On peut refaire une prise ». La réponse de l’intéressé est catégorique « non ». L’équipe de tournage veut mettre en scène le quotidien du Judge Dredd pour que cela soit plus vendable. Tout est une question d’image, de montage, ce qui n’est pas forcément au goût de Dredd qui doit ronger son frein.

On peut aussi admirer le talent d’Ulyses Farinas au moment où Dredd enlève le dispositif de l’oreille du supposé Gubbins. L’image se brouille, s’étend à la place de Gubbins nous retrouvons l’acteur.

Cette cité semble bien loin de Mega City One et de la façon dont le Judge Dredd y fait régner la loi. Quand il appelle son supérieur une fois le suspect arrêté, ce dernier lui dit « Vous n’avez rien fait ». L’image se concentre sur Dredd et Gubbins « non j’ai attrapé notre dealer avec une douzaine de doses. Qu’elle est la sentence pour possession sur Fink ? ». Le suspect mal à l’aise tente de plaider sa cause. Son supérieur le rappelle à l’ordre « ce que j’essaye de vous dire Dredd c’est qu’on ne condamne pas pour possession sur Fink ». Suis un gros plan sur le visage crispé du Judge Dredd « je n’ai pas bien compris vous avez dit que je devais exécuter ce dokker sur le champ/ Vous pouvez lui donner 10 ans pour mise en danger d’autrui et résistance à l’arrestation ».

Dans un plan large, on voit Dredd donner son verdict entouré de son équipe TV et de spectateurs qui immortalisent ce moment avec leur téléphone ou appareil photo. Cette façon de faire n’est pas au goût du Judge Dredd, on voit un gros plan sur son poing crispé.

On a l’impression que Judge Dredd : Mega City Two s de Douglas Wolk est une sorte de réflexion sur le pouvoir plus ou moins positif des images poussées à l’excès. Tout semble trop beau, trop propre. Même les combats sont réglés, chorégraphiés au millimètre. Il vous faudra vous attendre à tout, ce qui rend encore plus captivant l’intrigue.

Ce comics proposé par les Éditions Réflexions nous transporte deux semaines plutôt à travers une sorte de flash-back. On y apprend que Dredd a été envoyé à Mega City Two sous couverture. Les images de Mega City One sont moins colorées, plus ternes dans cette cité la violence pure et dure prône. Le Judge Dredd est dans son élément : il tire à balles à réelles sur les malfrats, le sang gicle. On voit des bras coupés, des têtes qui explosent, un véhicule éclate. Nous sommes dans un univers plus dur moins suranné qui joue moins sur les apparences, l’image, le montage, les illusions.

Nous changeons d’univers quand nous pénétrons à Mega City Two. Ce lieu est plus coloré, plus surchargé les images, le cinéma y règnent en maître. Ainsi durant la vidéo d’introduction que Dredd visionne au QG des juges, nous découvrons que « avec l’aide des citoyens et un peu de magie hollywoodienne. Nous avons rendu la ville plus forte que jamais ».

Car c’est bien de ça qu’il s’agit dans comics proposé par les Éditions Réflexions, Mega City Two donne l’impression d’être le prolongement d’un studio de cinéma. Tout repose sur le jeu d’acteur, l’illusion, la publicité à un rôle central dans cette cité. Ainsi dans une sorte de métacinéma les vignettes nous restituent à merveille le documentaire consacré au Blindé le juge Kennedy, le supérieur de Dredd à Mega City Two.

Au début le film ce centre sur un garçon dont la famille fait partie de la classe moyenne « sûrement comme vous » cela facilite l’identification et peut faire naître des vocations. Ses faits d’armes suivent rapidement tout au long du documentaire un bandeau publicitaire indique que ces « aventures sont relatées dans les 8 saisons de la série La Loi du Blindé et sont disponibles à l’accueil ».

Comme le dit si bien le juge Kennedy « chaque individu est une star à Mega City Two », mais à quel prix ? Le Blindé lui présente une utopie qui semble bien rodée, mais attention à l’envers du décor « c’est grâce à ça que nous sommes sur le point de devenir la plus grande cité au monde post guerre atomique ». On apprend à cet instant qu’une équipe TV va suivre Judge Dredd, car tout est bon pour faire de la promo dans ce lieu où l’image fait tout. Il s’interroge comme nous sur le bien-fondé de la présence de cette équipe de tournage « A propos qu’elles sont exactement les liens entre Dahlia production et le département de la justice / ce programme d’échange coûte cher donc pourquoi pas le rentabiliser » en vendant une histoire, un concept.

Tout au long de Judge Dredd : Mega City Two aux Éditions Réflexions, la patience, les nerfs de Dredd seront mis à mal par cette cohabitation qui parfois interfère avec son travail. Lors d’une arrestation un des employés de Dalhia Production demande de « la refaire (la prise) avec un gros plan ». Dredd exaspéré lui répond « pas de reshoot, pas de requête vous restez à l’écart je n’ai pas le temps pour le babysitting ». Nous le voyons à travers l’écran de retour de la caméra. Plus loin dans le comics « on devrait refaire le plan avec une lumière plus dramatique », Dredd est toujours contre ce type de demande.

Judge Dredd finira par croiser un de ses contacts à qui il fera part de ses exigences, car pour lui trop c’est trop « j’ai besoin de vraies balles pas (….) balles amicales et une moto serait pas de trop ». La seule chose sur laquelle son contact ne pourra rien faire c’est la présence des caméras.

Ce comics proposé par les Éditions Réflexions nous amène pour notre plus grand plaisir à suivre plusieurs histoires avec bien sûr la même ligne directive. Nous changeons de décors, de quartiers, mais pas de lieu.

L’illustration du chapitre concrétise ses espoirs, nous retrouvons Judge Dredd en mode motard badass. Il est sur une énorme moto, flingue à la main. Dredd semble prêt à en découdre. Notre cher ami est sous couverture et doit infiltrer un gang de motards. Habitué à faire régner la loi par les armes, Dredd est prêt à l’action « je pourrais remplir un cube par minute ici/ Vous parlez comme un juge » lui est-il répondu dans son oreillette. Gros plan sur son visage quand Judge Dredd répond « j’en suis un / pas aujourd’hui ».

Cette fois-ci il semble bien malgré lui dépendre de cette satanée équipe de tournage « aujourd’hui vous n’êtes qu’un juge sous couverture en mission de reconnaissance. Laissez l’équipe de tournage faire son boulot ». Le portrait que l’épique de TV dresse de sa couverture L’homme Loup à tout d’un pitch de série « c’est un solitaire qui est venu trouver sa meute ». Nous faisons ensuite connaissance avec le chef de cette meute Mother 13 qui fait une entrée fracassante.

La qualité des illustrations d’Ulyses Farinas, sa maîtrise nous apparaissent tout au long de ce comics proposé par les Éditions Réflexions. Quand Dredd fait son rapport à son supérieur « je vous envoie des images des suspects pour identification ». Dans une vignette, nous voyons juste la bouche de Judge Dredd quand il fait son rapport. Les quatre petites photos des suspects sont insérées.

Tout dans cette majestueuse cité de Mega City Two est lié à l’image, au spectaculaire, à l’univers du spectacle et comme le dit s bien Freedy Mercury « Show must go on ».

La violence des combats est illustrée à merveille dans ce comics proposé par les Éditions Réflexions. La rupture entre les vignettes donnant presque l’idée de contamination restitue à merveille la violence et la vitesse des combats. Mais méfiez-vous, car comme le dit si bien le juge Kennedy la magie hollywoodienne opère ou n’est jamais loin. Au plus fort de l’affrontement tout est stoppé par un seul mot « coupé ». On remarque alors l’équipe de tournage qui filme au loin.

On retrouve le mordant et l’ironie de Judge Dredd quand il répond à l’un de ses assaillants qui lui demande où il a appris à se battre « A l’académie de la loi ». Réponse qui déclenche le fou rire de tous.

Le côté hollywoodien, lié au spectacle apparaît tout au long de ce comics proposé par les Éditions Réflexions. Ils sont tous conviés à se rendre à l’intérieur du « sanctum, le show va commencer ». Tous sont rassemblés sous une sorte de barnum. Un Mr Loyal introduit le spectacle hors champs « et voici notre leader spirituel », « il est celui qui a le feu vert en permanence ». Mother 13 et son équipe font leur entrée et assure leur performance proche de propagande qui est interrompue par un fumigène.

La publicité tient aussi une place importante à Mega City Two. Dont lors d’un gros plan sur Judge Dreed où un homme tente de le faire participer à une pub. Son visage ne se crispe « pas de pub ». Notre cher juge semble être dans un milieu bien éloigné du sien, sorte d’enfer pour lui, mais il sait se faire respecter et imposer la loi en tout lieu.

Souvent dans Judge Dredd : Mega City Two, les vignettes se substituent aux écrans de télévisions pour nous montrer des reportages, publicités ou documentaire. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit d’un reportage où le juge Kennedy arrivé après le combat avec sa grosse tête de nounours souriante so kawai sur son plastron fait bonne figure. Il est au centre de l’image. Plus loin on verra entre autres un documentaire sur la crevette géante mangeuse d’homme au moment de leur confrontation. Dredd fera remarquer à Robot (le droÏde caméra) à qui il a demandé ce qu’était cette créature « c’est le moment d’agir pas de regarder un programme ».

Judge Dredd a trop bien fait son travail. Un peu trop même aux yeux du Blindé, mais tout s’arrange car « ça passe bien à l’image, vous pouvez être fier de vous ». En remerciement le juge Kennedy décide qu’il est temps pour Dredd de freiner le rythme et de se mettre au vert « l’océan lui fera du bien ». Propos démenti par la vignette suivante : on y voit au premier plan une surfeuse et juste derrière elle une immense créature menaçante prête à la croquer sorte de crevette géante. A priori Judge Dredd aura du mal à se mettre au vert.

A Mega City Two, on ne plaisante pas avec la publicité mensongère qui est sévèrement punie. Quand il fait état de son délit à la vendeuse celle-ci n’a d’yeux que pour la caméra de l’équipe de tournage qui suit Dredd. Elle en profite pour faire face à la caméra sa promo ce qui n’est pas du goût de Judge Dredd.

Dans ce lieu les couleurs sont chaudes, on a l’impression pour une fois d’être loin de la foule, au calme. Jusqu’à ce qu’un homme effrayé passe dans le champ de la caméra. Décidément pas de repos pour les braves, Dredd va devoir affronter une crevette géante mangeuse d’homme venue se restaurer sur la plage. Malheureusement pour Judge Dredd il a uniquement en sa possession des balles amicales, ce qui ne risque pas de le mener loin.

C’est notre première rencontre avec cet être monstrueux qui fait une entrée des plus remarquée. Les gens s’enfuient en hurlant face à cette vision d’horreur sortie de la mer. Entre ses dents on peut voir les restes sanglants d’un homme, un bras sectionné s’échappe de sa bouche. Seul Judge Dredd semble impassible et surtout paré pour l’action.

Une fois le monstre parti de lui-même les gens se réinstallent tranquillement. Sa coéquipière Slater déplore qu’à Mega City Two tout le monde veut son quart d’heure de gloire « c’est foutu citoyen veulent tellement un rôle qu’il ferait n’importe quoi pour l’obtenir ». Elle se moque gentiment de lui « votre coéquipière est prête mr juge vidéo star » au grand désarroi de Dredd.

On apprend qu’ils sont à la recherche de trafiquants qui font passer illégalement des fugitifs via le point de contrôle. Comme le dit si bien Shakespeare « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » il en va de même à Mega City Two tout n’est qu’apparence, la majorité des choses sont scénarisées.

Une fois arrivée dans cette sorte de Staten Island moderne qui accueille les nouveaux arrivants ou plutôt candidats. Nous sommes surpris par les annonces qui passent en fond sonore. La magie hollywoodienne est partout « bienvenue aux auditions des nouveaux visages de Mega City Two. On vous enregistre, ça vous pose un problème ne restez pas vous êtes nombreux », « Je vais vous lire la liste des rôles disponibles ». En retour nous voyons un plan sur la foule au pied de Judge Dredd et Slater qui écoute attentive.

Adeptes des scènes gores et d’actions comme moi vous serez plus que subjuguez par Judge Dredd : Mega City Two qui loin de faire dans la dentelle, nous distille une intrigue menée sur les chapeaux de roue. L’horreur, le sang, la violence ne sont jamais loin.

Dredd est loin d’être au bout de ses surprises. Il va faire une découverte décisive pour son enquête : des fugitifs des cubes (lieu d’incarcération) se retrouve envoyé à Mega City Two sous une fausse identité. Ce qui laisse présager de la corruption ou tout au moins des soutiens haut placés.

Plus nous avançons dans ce comics proposé par les Éditions Réflexions plus cette ville teintée de magie hollywoodienne nous apparaît comme une utopie, un mensonge, un vernis qui cache les pires crimes. Tout n’y est pas si rose loin de là (meurtres corruptions,).

Dans Judge Dredd : Mega City Two , par moment et pour notre plus grand bonheur l’illustrateur Ulyses Farinas nous fait voir l’action à travers la mire d’une arme ou celle d’une caméra ce qui nous projette au cœur de l’intrigue.

Son enquête avance bien qu’elle soit semée d’embûches et l’envoi au-delà des apparences pour y découvrir ce qu’il y a de pourri à Mega City Two. Il découvrira de même le poids des images, leurs modifications pour les rendre plus attrayantes ce qui amène parfois à déformer la vérité afin d’illustrer un point de vue et de diriger l’intérêt du public voire de les manipuler.

On suit avec passion cette nouvelle aventure Hors-Série de Judge Dredd proposé par les Éditions Réflexions. Dont le rythme est des plus effrénés. Elle nous entraîne dans un univers qui est éloigné de lui et qui cache sa part d’ombre par des artifices.

L’ironie, le mordant, la violence de Dredd sont toujours présents et bien restitués par les illustrations d’Ulyses Farinas ainsi que par l’intrigue. On lit d’une traite ce comics tant on est captivé et entraîné par le rythme. On peut être tenté d’y voir une réflexion sur la société actuelle et la place des images, de l’intox et de leur manipulation. Dans Judge Dredd : Mega City Two « si personne ne filme ce n’est pas réel ».

La dernière partie vous donne la possibilité de découvrir des couvertures alternatives. Ce Hors-Série est un must have pour les fans de Judge Dredd ou un bon départ pour ceux qui découvrent ce comics et veulent être propulsés au cœur de l’action.

Prenez part à la nouvelle enquête de Judge Dredd dans un lieu où la corruption et la magie hollywoodienne cohabitent avec Mega City Two of Courts

Judge Dredd Mega City Two of Courts scenario: Douglas Wolk Dessins Ulyuses Farinas. Editions Réflexions

Pour plus d’info: vente en ligne : https://editions-reflexions.com/

Rédactrice freelance, Pigiste

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